Un cas grave d’intoxication dans un club hippique avec une forte mortalité (25 %) rapide est rapporté par le Réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine dans un communiqué du 24 septembre 2021. La présence d’adonis dans le foin est fortement suspectée.

Les équins plus sensibles

« Les espèces sensibles sont en premier lieu les chevaux et tous les équidés, suivis des veaux, puis des ovins, explique Gilbert Gault, vétérinaire au CNITV (Centre national d’informations toxicologiques vétérinaires). Les bovins adultes seraient relativement peu sensibles. »

L’adonis est une petite plante annuelle (20 à 40 cm), adventice des cultures fourragères ou céréalières. Sa recrudescence constatée ces dernières années est à relier à la baisse de l’utilisation des phytos mais aussi aux conditions de milieux. Les prairies se creusent après les sécheresses successives pour laisser la place à diverses plantes adventices.

L’adonis pousse souvent sous les coquelicots

« La plante est souvent associée avec des coquelicots qui pourraient avoir un effet aggravant de l’intoxication par ralentissement du transit digestif », ajoute l’expert. En cas de doute sur la présence de la plante dans un foin, envoyez la photo à cnitv@vetagro-sup.fr qui expertisera votre échantillon.

« La plante ne semble pas consommée à l’état frais probablement du fait de son appartenance à la famille du bouton d’or, avec une âcreté en frais qui disparaît à la dessiccation, ajoute Gilbert Gault. La dose toxique débute à 5-10 % de contamination par la plante du foin et les cas mortels sont observés dès que le seuil de 15 % est dépassé. On trouve des doses indicatives entre 400 et 500 g pour un mouton de 60 kg et on évalue de 50 g à 500 g la dose mortelle chez le cheval. Il est possible que les teneurs en principe toxiques fluctuent en fonction de l’état végétatif et de stress de la plante. »

Marie-France Malterre, d’après le Respe