Dès l’introduction des premières rencontres de la nutrition animale, ce jeudi 14 octobre 2021, les présidents des deux syndicats de la nutrition animale française, La Coopération Agricole nutrition animale et le Snia (les entreprises de la nutrition animale), se sont montrés catégoriques : le fabricant d’aliments veut être mieux reconnu au sein des filières car il apporte des solutions dynamiques pour la souveraineté alimentaire.

« Durant la crise Covid, la nutrition animale ce fut « zéro défaut », nous avons toujours livré les élevages. Pourtant, les importations de volailles et de porcs progressent. Nous voulons repartir à la conquête de notre propre marché national en proposant des démarches concrètes », souligne François Cholat, président du Snia.

« Nous ne sommes pas juste des fournisseurs car nous contribuons aux solutions pour autant que nous soyons intégrés aux réflexions en amont, comme pour la rédaction de cahiers des charges. Les situations complexes comme le changement climatique dépassent chaque métier et exigent un travail en filières. Ce matin, nous posons les enjeux pour coconstruire une stratégie transversale, pertinente et résiliente pour la souveraineté alimentaire », souligne de son côté Jean-Luc Cade, président de La Coopération Agricole nutrition animale).

Une première demande des syndicats est l’étiquetage de l’origine des viandes dans tous les produits transformés, dans tous les circuits de commercialisation. Ils expliquent que lorsque les Français connaissent l’origine des produits ils privilégient l’origine France.

Structurer des démarches collectives

La filière de la recherche également une meilleure structuration collective. Avec sa position centrale entre productions végétales et animales, la nutrition animale française a déjà l’expérience de démarches collectives structurantes.

La première c’est Oqualim, fondée il y a treize ans par LCA nutrition animale, le Snia et l’Afca-Cial (1) pour les minéraux et les additifs, l’association construit des plans de surveillance collective de la sécurité sanitaire des matières premières, qui viennent en plus des plans de chaque entreprise. Elle assure d’autre part une certification des modes de production des usines, reconnue au niveau international. Elle permet, par exemple, aux éleveurs laitiers français de livrer des laiteries allemandes Vlog avec la garantie sans OGM. « Le sanitaire n’est pas seulement une contrainte, c’est un investissement », résume Bruno Ferreira (DGAL). Oqualim va s’ouvrir aux éleveurs et aux fournisseurs qui le souhaitent.

Duralim (plateforme pour la durabilité des approvisionnements de l’alimentation des animaux) est une autre démarche collective de la nutrition animale lancée il y a 5 ans. Cette plateforme présidée par Jean-François Arnault (céréaliculteur) a publié le premier observatoire de la durabilité des approvisionnements et lutte contre la déforestation importée.

Investir massivement pour l’innovation

Une autre demande de la filière est l’investissement pour l’innovation. Les deux syndicats rappellent en effet que la France a besoin d’outils de production et de transformation performants, comme la nouvelle unité de trituration des graines de soja françaises que construit Maïsadour. Plusieurs projets ont d’ailleurs vu le jour pour augmenter l’autonomie protéique de l’Hexagone grâce à une aide du plan de relance.

Les présidents des syndicats souhaitent que la nutrition animale bénéficie aussi de fonds du plan « France 2030 ». « Face à la conjoncture économique inquiétante, nous tenons à réaffirmer l’impérieuse nécessité de renforcer la capacité d’investissement de nos entreprises pour répondre à tous les défis », indiquent ainsi Jean-Luc Cade et François Cholat.

Yanne Boloh

(1) Afca-Cial : Association des fabricants de compléments pour l’alimentation animale.