Les chercheurs pensaient au départ que les chevaux reconnaissaient les personnes qui s’occupent d’eux à partir de leur odeur, leur voix ou leur comportement. Ils ont découvert que les équidés étaient en réalité capables de reconnaître les humains qui gravitent autour d’eux « sur la “seule” base de la photographie de leurs visages ».

Sur grand écran tactile

Pour le test de reconnaissance faciale sur écran tactile, les chercheurs ont choisi onze jeunes chevaux de race welsh âgés de trois ans. « Les chevaux venaient d’eux-mêmes se positionner devant l’écran et lançaient le test en le touchant avec le bout du nez », expliquent-ils.

Les chevaux devaient toucher le visage connu pour obtenir une récompense. © C. Parias

« À chaque nouvel essai, deux visages apparaissaient simultanément sur l’écran, le visage d’une personne connue et celui d’une personne inconnue, décrivent-ils. Les chevaux devaient alors toucher le visage connu pour obtenir une récompense. »

Les scientifiques se sont rendu compte que les chevaux avaient vite compris les règles du jeu. « Ce qui nous a le plus surpris, c’est leur mémoire sur le long terme », ajoute Léa Lansade, de l’Institut français du cheval et de l’équitation en poste à l’Inrae Centre-Val de Loire.

Reconnaissance des émotions

Cette étude confirme que le cheval est doté de compétences cognitives sociales élaborées. « D’autres expérimentations ont révélé que les chevaux régissent fortement à nos propres émotions », ajoute Léa Lansade.

« Nous avons montré que si on leur présente des photos de nous qui sommes joyeux ou en colère, ou bien que l’on émet le son de voix en colère ou joueuses, ils ressentent immédiatement des émotions en rapport, poursuit-elle. Leur rythme cardiaque s’accélère et ils sont en alerte dans le cas de colère, alors qu’ils s’apaisent dans le cas de la joie. »

Les chevaux sont capables non seulement de reconnaître les personnes qui les entourent mais aussi leurs émotions et y réagir. « L’ensemble de ces découvertes peut faire évoluer la relation que l’on a avec ces animaux », estime Léa Lansade.

M.-F. M.