Au printemps dernier, l’organisme de sélection (OS) Gènes Diffusion, accompagné de la coopérative d’insémination Apis Diffusion, a initié sa première vente de reproducteurs exclusivement en ligne. « L’idée a émergé au moment du départ à la retraite de Dominique et Chantal Turpeau, éleveurs adhérents basés à Clessé, dans les Deux-Sèvres », retrace Cyrille Thomas, président de la section charolaise chez Gènes Diffusion et éleveur dans la Loire.

Tenant du Sabot d’Or en 2009, Dominique Turpeau détenait, avec son épouse, un troupeau charolais à haute valeur génétique. « L’élevage se retrouvant malheureusement sans repreneur potentiel, nous ne pouvions laisser filer des animaux de cette qualité », reprend Cyrille Thomas.

> À lire aussi : Des ventes de taureaux en ligne plutôt que sur le ring (19/05/2020)

Perpétuer le capital

L’organisme Gènes Diffusion a alors décidé d’accompagner l’éleveur dans la vente de son troupeau. Soumis aux contraintes de la Covid-19 à ce moment-là, les représentants ont opté pour une vente exclusivement en ligne. Au total, soixante-dix animaux — tous génotypés — ont été proposés sur le site internet au réseau adhérent.

Des éleveurs issus de 14 départements ont misé. Également, quatorze génisses pleines ont été acquises par des clients en Allemagne. « Les enchères ont presque fait un carton plein, avec des prix de vente inespérés », témoigne Dominique Turpeau. Seul un taureau et deux à trois génisses tardives n’ont pas trouvé preneur. »

« Il est important de perpétuer le capital, même après la fin de la carrière de l’éleveur », estime Cyrille Thomas, qui a lui-même acheté des génisses et vaches à Dominique Turpeau.

Une expérience à renouveler

Pour le président de la section charolaise de l’OS, la vente en ligne est un modèle à renouveler. « Il peut s’agir de la vente d’un troupeau, après une cessation d’activité sans successeur. Mais nous pourrions aussi envisager la présélection de mâles reproducteurs, photographiés et filmés depuis leur élevage naisseur et proposés à l’achat à distance », émet-il.

« C’est une option à envisager dans la recherche d’autres outils de diffusion de génétique. Elle se prêterait tout particulièrement pour les éleveurs éloignés géographiquement des stations d’évaluation », indique Cyrille Thomas.

> À lire aussi : Reproducteurs en station, les ventes de taureaux allaitants de nouveau chahutées par le Covid-19 (17/03/2021)

Lucie Pouchard