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Un plan de filière pour mars

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Produits de la ruche - Un plan de filière pour mars
© J.-B. Laffitte

Appauvrissement des ressources florales, organisation de la production, problématiques sanitaires, structuration de la filière… la liste des chantiers auxquels s’attelle la toute jeune interprofession des produits de la ruche est longue.

« Tout est à créer, résume Éric Lelong, le président d’Interapi, l’interprofession des produits de la ruche née en janvier 2018. L’apiculture française est très diversifiée, de par ses produits, la typologie des exploitations ou encore les itinéraires techniques. Les références technico-économiques et une bonne connaissance des flux nous font actuellement défaut pour éclairer nos choix, à l’échelle de l’interprofession ou des exploitations. »

« Sans les travaux commandités par FranceAgriMer, et notamment la mise en place d’un observatoire de la production il y a trois ans, nous n’aurions aucun élément chiffré », constate le président. Dans un avenir proche, un audit de la filière devrait être conduit (les précédents datent de 1997, 2004 et 2012) et une enquête sur les habitudes de consommation des Français est à l’étude.

Ressources florales

Plusieurs grands axes se dégageront du futur plan de filière, dont la parution est prévue en mars 2019. La commission s’occupant des problématiques de production a d’ores et déjà fait ressortir 60 mesures, qu’il faudra prioriser. L’appauvrissement des ressources florales, en quantité et en qualité, pose par exemple de vraies difficultés. Elle trouve, entre autres, son origine dans la disparition des haies, qui procurent aux abeilles une alimentation variée et étalée dans le temps, et le développement des monocultures. Dans ces zones à faible biodiversité, « c’est McDonald’s tous les jours pendant la floraison, puis la pénurie ».

Un travail de sensibilisation des maires et des agriculteurs à l’intérêt des plantes mellifères est engagé. « Les agriculteurs ne savent pas forcément quelles espèces planter, d’autant plus qu’une plante peut être plus ou moins mellifère en fonction du sol, souligne le président. Par exemple, une luzerne en région toulousaine ne bénéficiera pas beaucoup aux abeilles. La solution passera sûrement par les coopératives, qui pourront fournir semences et semoirs adaptés. »

Foire aux miels

La forte sensibilité de la production apicole aux aléas climatiques est à l’origine de tensions sur le marché. Les variations de volumes sont importantes, passant par exemple de 13 206 tonnes en 2014 à 24 224 tonnes en 2015 puis à 16 099 tonnes en 2016. Pour faciliter la gestion des stocks, l’idée d’organiser une foire aux miels avec la grande distribution, sur le modèle de ce qui existe pour le vin, fait son chemin.

L’amélioration de la traçabilité des miels, la structuration de la filière (notamment la remise en état de l’Institut de l’abeille) et les problématiques sanitaires occuperont également une place importante dans le futur plan de filière. À moyen terme, Interapi s’engagera aussi dans la communication grand public.

Contribution volontaire obligatoire

« Le projet de contribution volontaire obligatoire avance bien, assure Éric Lelong. La répartition de l’effort entre professionnels de l’amont et de l’aval sera fonction du budget, qui sera voté en septembre 2019. »

54 000 apiculteurs français en 2017
© Jean Charles Gutner
© Jean Charles Gutner

En 2017, 19 788 tonnes de miel et 3 tonnes de gelée royale ont été récoltées dans les 1 344 185 ruches recensées en France. Le bio représente 9,2 % de la production de miel et 56,8 % de la production de gelée royale.

92 % des 53 953 apiculteurs français possèdent moins de 50 ruches, mais la production du miel est à 78,3 % le fait d’apiculteurs en possédant davantage.

Déficit commercial

La France a importé 35 500 tonnes de miel (Espagne, Chine, Ukraine, Argentine) et en a exporté 5 080 tonnes (Suède, Espagne). La consommation intérieure s’établit autour de 45 000 tonnes.

86 % du miel est consommé à domicile. La grande distribution représente 55 % des achats de cette catégorie, le vente directe 27 %, les magasins spécialisés 14 % et internet 3 %.

Valérie Scarlakens
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