« La décision de Sodiaal d’appliquer sa grille de paiement sur les primes qualités dès le 1er janvier 2019, sans discussion avec ses producteurs ou même l’interprofession […] nous pousse à interrompre tous travaux interprofessionnels dans les bassins Sud-Est », a déclaré le syndicat des JA pour les Régions Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.

La coopérative laitière a choisi de passer outre les recommandations de l’interprofession laitière (Cniel) afin de pouvoir mettre en place un prix de base unique national pour « être plus lisible ». Jusqu’en 2018, Sodiaal ajustait le prix de base en fonction des grilles régionales pour obtenir un prix moyen identique à la sortie. La mise en place du prix de référence unique implique donc de faire évoluer une partie des primes régionales, issues d’accords interprofessionnels, dans le but de maintenir l’équité du prix payé aux producteurs français.

« Mise à mal de l’interprofession laitière »

Après notamment le Criel Alpes-Massif central (délégation régionale de l’interprofession), la FRSEA Auvergne-Rhônes-Alpes et la FRPL Sud-Ouest (délégations régionales de la FNSEA), les JA de la région Sud-Est dénoncent eux aussi la décision de Sodiaal et ont interrompu « tous travaux interprofessionnels ». En cause, l’absence de concertation avec les éleveurs et l’interprofession.

La FRPL Sud-Ouest évoquait dans un communiqué publié le 19 décembre dernier que la discussion avec l’interprofession avait pour objectif « la recherche de l’équité de traitement sur la qualité entre tous les producteurs de toutes les entreprises au sein d’un même territoire ».

« La loi EGAlim vient de redonner de l’importance à l’interprofession (chantier de l’inversion de la construction du prix et élaboration d’indicateurs de référence des coûts de production, NDLR). Elle est le pilier de la filière laitière pour une équité entre les productions. JA souhaite une filière forte donc une interprofession forte et légitime », revendique le syndicat dans le communiqué.

Alexandra Courty