Tourné vers l’avenir, le syndicat a voulu explorer les solutions de sortie, aussi bien à travers la nouvelle Pac, que par des initiatives comme « C’est qui le patron ». « Que répondez-vous aux éleveurs qui nous disent être en détresse », a été interpelé Phil Hogan, le commissaire européen à l’Agriculture par la voix tremblante d’un éleveur de la salle. Force était de constater que les cicatrices de la crise étaient loin d’être refermées, lors de ce 73e congrès à Langres en Haute-Marne, les 15 et 16 mars 2017.

Pas de réponse de Bruxelles

Reconnaissant l’importance de la crise, le commissaire européen a mis en avant les outils spécifiques déployés au cours de ces deux dernières années (mesure volontaire de réduction de collecte, stockage public…). Néanmoins, il n’a pas répondu explicitement aux demandes de Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, sur la création de contraintes pour les industriels plaçant des produits à l’intervention, ni sur un éventuel outil de gestion de l’offre ponctuel en temps de crise.

Des initiatives « à la portée des éleveurs »

Les deux tables-rondes organisées par la FNPL étaient tournées vers l’avenir, à la recherche de solutions aux limites du système actuel. Car les éleveurs ne veulent pas simplement vivre des aides mais trouver des solutions pour vivre de leur métier. Lors de la première journée, Nicolas Chabanne, de la Marque du consommateur, a raconté le lancement de la marque « C’est qui le patron ». À côté, Michel Biero, de l’enseigne Lidl, a présenté le contrat tripartite avec des éleveurs et la laiterie LSDH.

Ces initiatives permettent d’assurer 39 €/1 000 l pour la première, et de lisser le prix du lait au producteur pour la seconde. « Oui mais elles ne concernent que des volumes marginaux, uniquement sur des laits de consommation », ont pu critiquer certains. « Cela a le mérite de montrer que c’est à notre portée », militait André Bonnard, secrétaire général de la FNPL. Lors de la seconde table-ronde, les contrats à prix fixe mis en place en Irlande ou le recours au marché à terme ont été abordés.

M.B.