Le bras de fer s’est officiellement achevé hier, les syndicats de producteurs considérant qu’ils ont remporté la manche face aux coopératives. « La coopération s’est dite prête à revaloriser le prix du lait au troisième trimestre de 2017 en s’engageant à respecter la loi Sapin 2, détaillent la FNPL et JA dans leur communiqué. Elle s’est engagée à lier la rémunération des producteurs à la valorisation du marché intérieur laitier, avec l’objectif de couvrir systématiquement les coûts de production. »

Fin de blocage

Hier soir, les actions sur les sites de Sodiaal au Mans (Sarthe), de Terrena à Ancenis (Loire-Atlantique) et d’Agrial à Herbignac (Loire-Atlantique) ont pris fin. « Nous avons obtenu une valorisation du prix du lait qui sera à hauteur des coûts de production, autour de 340 €/1 000 l », a déclaré Mélanie Dubois, de la FDSEA 72. La fin de la mobilisation intervient après l’annonce de Sodiaal de la redistribution de près de 25 millions d’euros aux producteurs au titre de l’exercice 2016.

La FNPL et JA passent maintenant à l’étape suivante. Ils ont pris rendez-vous avec les représentants de la distribution vendredi, « dans le cadre des échanges établis de longue date avec les enseignes. Il faut que la filière laitière fonctionne ! L’enjeu est d’obtenir des engagements précis sur l’application de la loi Sapin 2 pour les MDD (marques de distributeur) permettant d’avoir enfin pour les producteurs, un niveau de prix conforme à la bonne valorisation du marché français. »

Engagement sous condition

De leur côté, les coopératives laitières « confirment tout mettre en œuvre pour satisfaire l’impératif de revalorisation du prix du lait et s’engagent à rétrocéder intégralement les hausses de tarifs qui seront concédées par leurs différents clients, à condition que celles-ci soient effectives dès le 1er juillet sur l’ensemble des catégories de produits laitiers. » Autrement dit, elles attendent de voir comment les distributeurs et la restauration hors domicile vont réagir.

Les coopératives n’attendent pas un geste des distributeurs que sur les MDD. Dans son communiqué, la FNCL cite les gammes de premier prix et le hard-discount. « En fonction de leur mix-produit et du niveau des augmentations perçues de leurs clients, et dans le respect du droit de la concurrence, les coopératives laitières s’engagent à répercuter à leurs associés coopérateurs l’ensemble des hausses consenties sur ces segments », promet-elle.

La FNCL estime que tout cela sera « efficace et durable qu’à la seule condition de mesures structurelles, assure Dominique Chargé, son président. Au niveau national, l’arrêt de la guerre des prix entre distributeurs et une nouvelle loi des relations commerciales basée sur la création de valeur. Au niveau européen, des outils de prévention et de gestion de crise doivent être mis en place dans la prochaine Pac, pour éviter les effets trop extrêmes de la volatilité. »

E.R. avec l’AFP