« Ces trois accords (avec Bel, Savencia et Sodiaal) portent sur 60 % des achats de produits laitiers du groupement », informe Thierry Cotillard, président d’Intermarché et de Netto, dans les colonnes du Journal du Dimanche.

Dans un contexte post-États-généraux de l’alimentation (EGA) et de négociations commerciales annuelles, le distributeur marque encore plus son engagement « afin de trouver des réponses concrètes à la question de la création et de la répartition de la valeur », comme le souligne le président dans un communiqué conjoint avec Savencia le 14 décembre.

Il reste encore du chemin à accomplir pour que la demande des producteurs soit totalement prise en considération mais on assiste aux prémices de l’inversion de la construction du prix du lait dans la filièreSunlait (association des organisations de producteurs livrant pour Savencia)

Ainsi après avoir soutenu l’accord signé entre Bel et ses producteurs dans la revalorisation du prix du lait payé aux éleveurs à hauteur de 371 €/1 000 litres (primes sans OGM et pâturage incluses), le distributeur s’est engagé à acheter plus cher les produits laitiers de deux autres laiteries. Cela signifie : 370 €/1 000 litres dès mars 2019 pour la quote-part Intermarché chez Sodiaal et 375 €/1 000 litres dès janvier 2019 pour la quote-part du distributeur chez Savencia.

Un effort collectif

La hausse réelle du prix payé aux éleveurs livrant Sodiaal et Savencia va dépendre du mix-produit des deux laiteries et de la part de la collecte destinée au distributeur.

Ce n’est pas le cas avec Bel qui avait, en amont du partenariat établi avec Intermarché, déjà signé un accord avec ses producteurs qui garantissait un prix standard minimum de 350 €/1 000 litres hors primes et ceci indépendamment du mix-produit.

C’est au travers de ce constat que Sunlait, association des organisations de producteurs livrant pour Savencia, précise qu’il s’agit d’« un signal fort qui est donné par Intermarché à l’adresse des autres distributeurs. Il est important que l’ensemble de la filière se saisisse de la boîte à outils de la loi EGA », afin de revaloriser au mieux le prix payé aux producteurs.

Alexandra Courty