À l’appel de la FDSEA et de Jeunes Agriculteurs (JA) de la Mayenne et de la Sarthe, les agriculteurs ont déversé vers 21 heures une remorque de déchets agricoles devant l’entrée de l’usine, qu’ils ont également bloquée à l’aide de six tracteurs.

Après trois heures de discussions parfois tendues avec les représentants de Sodiaal, ils ont pulvérisé de la paille sur les grilles de l’usine avant d’y mettre le feu, provoquant l’intervention des pompiers. Ils ont achevé leur mobilisation vers minuit par des projections d’œufs à travers les grilles sur les représentants de la coopérative. « On s’est expliqués mais on est déçus. On était venus chercher une bouffée d’oxygène mais on n’a pas obtenu de prix correct », a déclaré Pierre Tricot, secrétaire général des JA, à l’issue de la manifestation.

« Il va falloir sévir un peu plus pour se faire comprendre »

« Les représentants de Sodiaal nous ont expliqué que le marché mondial n’était pas porteur, qu’ils étaient en concurrence avec de grosses laiteries privées, que les négociations avec les grandes et moyennes surfaces étaient compliquées. Il va donc falloir sévir un peu plus pour se faire comprendre, on va essayer de trouver des actions qui mettent la pression », a-t-il ajouté.

« Il y a 20 à 25 % des producteurs de lait en France au bord du dépôt de bilan. Si ça ne se redresse pas rapidement, la production laitière en France va vraiment chuter », a renchéri Etienne Fourmont, représentant de la section laitière de la FDSEA. « Les prix sont beaucoup plus bas qu’il y a six mois. Notre coût de production tourne autour de 380 euros les 1 000 litres, là les laiteries nous ont annoncé 255 à 260 euros la tonne pour Lactalis, Sodiaal autour de 265, Bel 270, soit plus de 100 euros en dessous de notre coût de production. »

Première coopérative laitière de France, Sodiaal est propriétaire des marques Candia, Yoplait et Entremont. Elle a réalisé 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires l’an dernier. Pour tenir compte d’un « environnement économique difficile », elle a lancé en février un plan d’économies de 41 millions d’euros, qui porte notamment sur l’optimisation des achats.