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« 2018 sera une année charnière »

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Prix du lait
 - « 2018 sera une année charnière »
Damien Lacombre, le président de Coop de France métiers du lait. © E. Casalegno/GFA © E. Casalegno/GFA

Damien Lacombe, nouveau président de Coop de France métiers du lait (ex-FNCL), s’est voulu positif en présentant le contexte laitier. Il souligne « une vraie dynamique de production dans l’Union européenne et en France, après des années 2016 et 2017 en demi-teinte ».

Ce 1er février 2018, lors d’une conférence de presse à Paris, Damien Lacombe rappelle que la production est en hausse dans l’UE, de plus de 5 % depuis novembre dernier (mois par mois, par rapport au même mois de l’année précédente), voire plus de 8 % dans certains états membres. « Il y a beaucoup de lait qui arrive, souligne Damien Lacombe. Ce qui pose la question des stocks européens. Les 380 000 tonnes de poudre de lait écrémé, qui pèsent sur le marché, sont LE sujet à traiter pour anticiper 2018, qui sera une année charnière. Nos adhérents ont besoin de se reconstituer une trésorerie. »

Dégager les stocks de poudre

Pour lui, il faut dégager ces volumes en leur donnant une « destination différente », comme les dons de lait ou l’alimentation animale. La coopération et les entreprises de nutrition animale s’emploient actuellement à évaluer la faisabilité de cette solution (1). « Stéphane Travert l’a proposé au Conseil des ministres européens, on est derrière lui. Mais la Commission est sur la défensive, avec une vision qui ne nous satisfait pas. »

Damien Lacombe convient que « le marché ne va pas réguler la production laitière ». Mais il a rencontré ses homologues dirigeants de grandes coopératives européennes. « La vision des grandes entreprises est en train de changer, sur la responsabilité des entreprises et des producteurs par rapport à la gestion des marchés », c’est-à-dire la maîtrise de la production. C’est par exemple le cas en Allemagne et aux Pays-Bas.

Le marché du beurre sous tension

Si la surproduction menace de nouveau la protéine, le marché de la matière grasse reste sous tension, avec des stocks quasi nuls, et une pénurie qui va s’accentuer cet été avec le recul estival de la collecte. Damien Lacombe a également souligné « la stabilisation du prix européen du lait à la production, après une hausse tout au long de l’année 2017 ».

Pour autant, face aux questions sur un risque de nouvelle crise de surproduction, il veut rester optimiste, estimant que si l’on trouve une solution pour résorber les stocks communautaires de poudre, le marché en sera allégé d’autant. « Il y a une prise de conscience forte de la part de certains acteurs européens, un mouvement fort en train de naître pour responsabiliser les acteurs. J’ai bon espoir qu’on aille vers une maîtrise de la production. »

« La volonté de faire bouger les choses »

Deuxième sujet abordé, les États-généraux de l’alimentation. Damien Lacombe s’est félicité que les mesures demandées par les transformateurs (seuil de revente à perte, encadrement des promotions, clause de renégociation, notion de prix abusivement bas…) aient été reprises. « On sent la volonté du gouvernement de faire bouger les choses et de faire en sorte que la chaîne alimentaire permette à tous ses maillons de vivre honorablement », souligne-t-il.

Le président de Coop de France métiers du lait met beaucoup d’espoir dans le plan de filière laitière, et estime que la filière laitière a beaucoup d’atouts à valoriser face aux demandes des consommateurs (fromages et produits de haut de gamme, pâturage, exploitations familiales à taille humaine, sanitaire – malgré la récente affaire Lactalis), et « de vrais vecteurs de valeur ajoutée à aller chercher » en France et sur les marchés internationaux, par la segmentation d’une part et l’amélioration de la compétitivité d’autre part.

Pour cela, « il faut donner une image forte de la filière française. Ce qui impliquera de dépasser les clivages pour pousser cette dynamique jusqu’au bout. »

E.C.

(1) Le prix de la poudre stockée, en théorie destinée à l’alimentation, est trop élevé actuellement pour l’incorporer dans des formulations. De plus, les lieux et formes de stockage compliquent la logistique.

La moitié de la filière

Damien Lacombe a souligné l’importance de la coopération dans le secteur laitier. Son chiffre d’affaires en 2016 a atteint 11,3 milliards d’euros pour un total de 29,8 milliards pour l’industrie laitière.

Les coopératives collectent 54 % du lait français et assurent 45 % de la transformation. Elles totalisent 40 % du chiffre d’affaires de l’exportation de la laiterie France (soit 2,6 milliards d’euros ). Elles sont particulièrement impliquées en Europe (un marché « de proximité ») et en Asie (surtout en Chine, avec de nombreux investissements destinés à ce débouché, en particulier dans le lait infantile).

Les coopératives ont intégré 730 producteurs laitiers en 2016 pour 132 millions de litres et un dispositif incitatif de volumes supplémentaires attribués s’élevant à 180 000 litres (+6 % par rapport à 2015). Leurs prévisions d’investissement sur la période de 2018 à 2020 s’élèvent à 860 millions d’euros

52 % des coopératives sont engagées dans des démarches de différenciation (bio, sans OGM, AOP…), en cohérence avec les axes décidés dans le plan de filière.

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