Bien que la situation sanitaire soit loin de s’améliorer en Europe et ailleurs, le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) prévoit pour l’année 2021 une hausse des productions bovines, porcines et de volaille de chair à l’échelle du globe. Pour autant, les mesures de lutte contre la Covid-19 et la poursuite de la peste porcine africaine (PPA) pourraient venir perturber les échanges mondiaux.

Les importations chinoises de porc revues à la baisse

En porc, « la production mondiale devrait augmenter de 4 % en 2021 en raison d’un rebond de la production dans les pays touchés par la PPA et, dans une moindre mesure, d’une compensation des impacts de la Covid-19 », rapporte l’USDA. Une progression de 9 % est notamment prévue en Chine, où les producteurs se mobilisent activement à la reconstitution de leurs cheptels et tirent avantage du prix élevé du porc.

Du côté de l’Union européenne (UE), si la découverte de cas de PPA dans la population de sangliers en Allemagne « ne devrait pas affecter directement la production, les restrictions à l’exportation [hors UE] entraîneront une augmentation de l’offre de viande de porc allemande sur un marché communautaire déjà saturé. »

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Plus globalement, les exportations mondiales devraient plafonner à 10,8 millions de tonnes en 2021, au même niveau que cette année. Après des sommets atteints en 2020, les importations chinoises de viande de porc devraient décroître de 6 %, en raison du regain de la production nationale. « Ce ralentissement compensera la croissance du reste du monde », ajoute l’USDA.

Évolution de la production porcine au sein de la Chine, de l’Union européenne et des États-Unis. © USDA

S’agissant du poulet, l’USDA projette une augmentation de la production mondiale de 2 % en 2021 par rapport à cette année, pour atteindre un record de 102,9 millions de tonnes. La volonté des consommateurs chinois de compenser le déficit en viande porcine par celle de volaille est « limitée », indique le rapport, d’autant que « l’offre intérieure de porc devrait repartir. » Une modeste expansion est prévue pour les autres principaux producteurs, les développements les plus significatifs étant ceux du Brésil, de l’UE, des États-Unis et de l’Inde.

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En viande bovine, le Brésil à la conquête des marchés

En viande bovine, la production mondiale devrait s’accroître de près de 2 % en 2021. Après les perturbations causées par la Covid-19 dans la chaîne d’abattage, la production en Inde, au Canada et aux États-Unis devrait rebondir. Au Brésil, une hausse est aussi attendue, motivée par « l’amélioration de la demande intérieure, la poursuite des opportunités en Chine et la reprise sur d’autres marchés d’exportation. »

À l’inverse, la production australienne devrait diminuer pour la deuxième année consécutive. L’Argentine pourrait suivre la même tendance baissière : en phase de recapitalisation, « les éleveurs conservent davantage d’animaux pour l’élevage ».

À l’exportation, le Brésil devrait atteindre un niveau record pour la troisième année consécutive. Quant au géant américain, il devrait devenir le « deuxième exportateur mondial, en dépassant l’Australie et l’Inde, mais en restant loin derrière le Brésil », prévoit l’USDA.

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Lucie Pouchard
Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

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