Dans un rapport diffusé en juin, la FAO estime que la consommation mondiale de viande en 2020 sera en retrait de 3 % sur un an, pour s’établir à 42,4 kg par habitant en moyenne. La production mondiale de viande marque également le pas et baisse pour la seconde année consécutive. Selon les données de la FAO, elle devrait plafonner à 333 millions de tonnes équivalent carcasse cette année.

Si la peste porcine africaine (PPA) avait déjà largement affecté le cheptel porcin, en particulier en Asie du Sud-Est, la vague épidémique de coronavirus a causé des dégâts étendus à l’ensemble des secteurs de la viande.

La production porcine en repli de 8 %

Le contrecoup de la pandémie de Covid-19 touche en premier lieu la production porcine, qui chuterait de 8 % à l’échelle mondiale par rapport à 2019. Les productions bovine et ovine enregistreraient une baisse plus modérée, respectivement de 1 % et de 2,9 %.

Seule la production de viande de volailles échappe à cette tendance baissière. La FAO prévoit une hausse des volumes de 2,4 % en 2020. Ce qui correspond tout de même à une progression inférieure de moitié à celle de l’an passé.

« Les mesures de distanciation sociale ont entraîné une pénurie de main-d’œuvre dans les abattoirs, les usines de transformation et de conditionnement de la viande créant des perturbations tout au long de la chaîne d’approvisionnement et une chute des prix à la production », rapporte la FAO. Une baisse de la production est attendue aux États-Unis, en Chine, au Vietnam, en Inde, dans les Philippines, en Australie et en Turquie.

La Chine comme « moteur du commerce mondial »

« Les difficultés économiques liées à la pandémie, combinées aux perturbations logistiques et à la chute des ventes dans la restauration ont également conduit à une baisse généralisée de la demande à l’importation », indique la FAO dans son rapport. Ce qui a directement pesé sur les prix de la viande à l’international.

En mai, d’après l’indice FAO, les prix chutaient de 8,6 % depuis janvier 2020. « La viande ovine enregistre la plus forte baisse (-23,5 %), suivie par la viande de volaille (-11,8 %), la viande porcine (-9,2 %) et la viande bovine (-4,1 %) », évalue l’agence spécialisée de l’Organisation des Nations Unies.

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Concernant le commerce mondial de produits carnés, il devrait néanmoins augmenter de 2,4 % pour atteindre 37 millions de tonnes en 2020. Bien que les échanges internationaux conservent une tendance haussière, un ralentissement considérable est à attendre par rapport à la dynamique enregistrée en 2019 (+ 6,8 %). « Cette augmentation serait entièrement imputable à la viande de porc, puisque le commerce de la viande bovine, ovine et de volaille devrait stagner ou diminuer », rapporte la FAO.

Les perspectives dépendront largement de l’Empire du Milieu, qui devrait se positionner une nouvelle fois comme le « principal moteur de croissance du commerce mondial en 2020 ». Si les importations carnées chinoises ont progressé de 24 % par rapport à l’an passé, « des stocks élevés de viande en chambre froide » sont constatés depuis le début de l’année, résultant des commandes effectuées en prévision du Nouvel An chinois, finalement annulé. « Ceci a entraîné une réduction drastique de la consommation de viande », complète la FAO.

Lucie Pouchard