Le jeudi 24 décembre 2020, le département des Landes était l’un des plus touchés avec la Corse, par le virus H5N8 de l’influenza aviaire hautement pathogène. Il comptait sept foyers de grippe aviaire. Quelque 40 000 canards de 25 exploitations seront abattus, selon Serge Mora, président du Modef (1) des Landes.

Adapter la stratégie de prévention

Après la « contamination récente de deux élevages de canards situés dans les Landes au cœur de la Chalosse, un territoire à forte densité avicole », la préfecture a dit choisir « d’adapter la stratégie de prévention de la maladie afin d’éviter au maximum du possible une forte propagation du virus ».

Elle a décidé de « faire procéder sans délai à des dépeuplements préventifs ciblés dans un rayon de 3 kilomètres autour des foyers de Sort-en-Chalosse et de Bergouey », dans le sud du département.

Jusqu’à ce jour, les mesures de protection sanitaire se contentaient de l’abattage des animaux de l’élevage touché, la désinfection du site, l’interdiction des mouvements de volailles dans l’environnement proche du foyer et la surveillance autour du foyer.

Des pertes compensées

Cette fois, c’est l’ensemble des élevages qui seront abattus. Ne sont concernés par cet abattage que les canards « du fait de leur très forte sensibilité au virus H5N8 », et, dans un rayon de 1 kilomètre, les autres volailles qui ne seraient pas claustrées.

Les pertes des éleveurs seront compensées, assure la préfecture, qui met aussi en place un soutien psychologique pour les exploitants.

Plusieurs dizaines d’agriculteurs ont manifesté

En parallèle, des zones de surveillance de 10 kilomètres autour des foyers de Sort-en-Chalosse et de Bergouey sont mises en place et « tous les canards doivent être mis à l’abri, ainsi que les autres volailles ». La contamination « ne s’arrêtera pas », cet abattage préventif « est un coup d’épée dans l’eau », estime Serge Mora.

Le Modef réclame un abattage seulement des bêtes malades : « Les agriculteurs veulent vivre de leur travail », dit Serge Mora. « Je vois le scénario de 2017, on va tout dépeupler et on va avoir des exploitants sans activité pendant sept, huit ou neuf mois », craint-il. Le Modef a appelé à manifester le samedi 26 décembre 2020 devant la préfecture des Landes. Selon France 3, plusieurs dizaines d’éleveurs ont répondu présent.

Le ministre de l’Agriculture interpellé

Rappelant que la filière du foie gras dans la région représente « 7 300 emplois directs et 16 000 emplois indirects et totalise un chiffre d’affaires de 438 millions d’euros », les élus landais socialistes ont écrit au ministre de l’Agriculture, Julien de Normandie, pour lui demander d’accorder la « plus grande attention » à la réponse économique apportée.

« Il est très important que les indemnisations, liées aux conséquences des dépeuplements et des vides sanitaires qui vont suivre, interviennent très rapidement », écrivent les sénateurs Monique Lubin et Éric Kerrouche, le député Boris Vallaud et le président du conseil départemental Xavier Fortinon dans un courrier transmis à l’AFP.

Au jeudi 24 décembre 2020, dix-huit foyers d’influenza aviaire ont été détectés dans six départements français : sept en Corse, un dans les Yvelines, sept dans les Landes, un en Vendée, un dans les Hautes-Pyrénées et un dans les Deux-Sèvres.

Raphaëlle Borget avec l’AFP

(1) Mouvement de défense des exploitants familiaux.