Mercredi 6 mai 2020 à 8 heures du matin, Gérard Challier, éleveur à Arzenc-de-Randon, a retrouvé un veau mort dans son pré. Âgé de 2 mois et pesant 150 kg, l’animal portait les marques typiques de l’attaque du loup : corps éventré, seul le cœur, le foie, les poumons et les testicules étaient mangés. Selon Alain Pouget, le président de la Coordination rurale de l’Occitanie, « l’attaque sur bovins ne présente pas les mêmes signes que celle sur ovins ».

À lire : Augmentation des attaques sur les bovins en Lozère (05/06/2019)

Nouer le dialogue avec les autorités

Afin de manifester leur mécontentement, Gérard Chalier, Alain Pouget et quelques éleveurs voisins décident d’emmener le cadavre du veau à Mende pour entamer un dialogue avec les autorités. Le propriétaire du veau prend soin de faire faire un constat par la gendarmerie avant de le déplacer.

Arrivés devant la préfecture, ils déposent l’animal au sol. « Dans les trois minutes, le directeur de la direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP) avait embarqué le veau », raconte Alain Pouget. Les éleveurs ont été reçus par la DDT.

À lire : Loup, les éleveurs campent devant la préfecture à Gap (27/08/2019)

« Ce qu’on ne savait pas »

Selon les éleveurs, la préfète arrivée au début de février en Lozère, a demandé à ses services de la prévenir à la prochaine attaque de loup pour qu’elle se rende sur les lieux durant le constat. « On ne le savait pas », précisent les éleveurs. Un communiqué de presse précise que l’éleveur a été informé de la volonté de la préfète, ce que Gérard Chalier nie.

« Le rapport de la préfecture est faux, rétorque-t-il. Je n’étais pas au courant. J’aurais été ravi qu’elle puisse venir et qu’on puisse discuter sur le terrain. Si j’avais su, je ne me serais bien sûr pas déplacé. » Et d’ajouter que faire le constat le lendemain, c’est prendre un risque, celui que le cadavre soit attaqué par des vautours, ce qui aurait rendu impossible toute autopsie.

« Notre credo, c’est de protéger les vies humaines »

La prédation du loup sur bovins apparaît beaucoup plus dangereuse que celle sur ovins à l’éleveur. « Depuis samedi dernier, les vaches étaient déjà un peu stressées. Mercredi matin, en allant les voir, je n’étais pas trop tranquille. Il faut rester sur ses gardes. Il faut leur parler pour les rassurer », explique l’éleveur.

En septembre 2018, Raymond Monier, alors président de la Coordination rurale du Cantal, était décédé à la suite de coups qu’une vache, pourtant écornée, lui avait portés, expliquent Alain Pouget et Gérard Chalier. Pour eux, l’agressivité de la vache était due aux loups qui rôdaient dans les alentours.

À lire : Prédation, les Lozériens inquiets face au loup (19/03/2019)

Une prédation volontairement occultée

Selon le président de la Coordination rurale de l’Occitanie, les prélèvements permettant de certifier l’origine de la mort sont très rarement faits par les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB). « Moins de 5 % de la prédation sur bovins a été identifiée comme étant celle du loup », explique Alain Pouget. Pour lui, cette prédation pourrait coûter beaucoup plus cher aux ministères concernés, et ces derniers chercheraient à la minimiser.

Renaud d’Hardivillliers
Votre analyse du marché - Veaux

Tarifs stables

Si les volumes ont globalement été écoulés cette semaine, l’approche du pic de vêlages, généralement situé entre les semaines 38 et 42, devrait accroître les volumes et mettre les prix sous tension.