« Nous avons perdu sept agnelles au cours de l’hiver 2016-2017 », indique Yves de Launay en Gaec avec sa sœur à Eymoutiers, dans la Haute-Vienne. Un par un, à intervalles réguliers, les exploitants retrouvent les sept jeunes animaux égorgés avec une épaule consommée. « Le mode opératoire ne ressemble pas à celui des chiens, car ceux-ci mordent les animaux aux gigots en premier lieu », déclare Yves de Launay, qui soupçonne le passage d’un loup. Depuis l’hiver dernier, les exploitants ont pris contact avec des agriculteurs d’autres régions confrontés au problème du loup. Ils ont visionné le film de Bruno Lecomte, un éleveur de chèvres des Vosges, « Les lourdes conséquences du retour loup ».

« Protégeons nos troupeaux des loups en Limousin »

Yves de Launay a aussi créé une association « Protégeons nos troupeaux des loups en Limousin ». « Notre but est d’informer le grand public sur l’incompatibilité du prédateur avec l’élevage. La protection des troupeaux est par ailleurs compliquée à mettre en place sur nos troupeaux conduits en de multiples lots. Le prédateur parvient de toute façon à les contourner pour attaquer les troupeaux. »

En 2018, d’autres exploitations limousines ont observé des pertes suspectes. Le 29 avril, Emilie Pons de Launay, l’épouse d’Yves à la tête d’une troupe de 500 têtes sur une autre partie de la commune d’Eymoutiers, a retrouvé une brebis égorgée. « Nous avons effectué un prélèvement sur le cadavre et envoyé l’échantillon à Forgen, le laboratoire allemand, qui a réalisé d’autres analyses pour des éleveurs français. » Le but est d’identifier l’origine de l’auteur du méfait, et notamment de savoir s’il s’agit d’un loup « hybride » ou non.

L’ONCFS (Office de la chasse et de la faune sauvage) pour sa part n’a pas encore communiqué sur les résultats de ses observations. « Pour l’instant, nous ne voulons pas d’aide, mais nous souhaitons qu’une cellule départementale officielle se mette rapidement en place pour savoir comment gérer la protection de nos troupeaux », insiste Yves De Launay.

M.-F.M.