« Nous ne nous attendions pas à un “tremblement de terre” de la part de l’État pour régler les problèmes de la prédation, mais nous n’avons eu aucun signal pour gérer les situations d’urgence », déclare Nicolas Girod, secrétaire national de la Confédération paysanne.

Les deux ministères veulent travailler à la « prospective pour l’élevage pastoral à l’horizon de 2030 ». « C’est une question sur laquelle nous avons déjà travaillé et nous voulons bien continuer à le faire, ajoute Nicolas Girod. Mais la priorité est aujourd’hui de trouver des solutions pour les élevages qui subissent la prédation au quotidien. »

Un ajustement du plan loup, mais pas de remise à plat

Au sujet de la gestion du prédateur, l’abandon du plan loup semble exclu. « Le ministère de la Transition écologique nous a indiqué que l’effectif de 500 loups constituait un premier seuil, relate Nicolas Girod. Le chiffre peut constituer un motif d’ajustement du plan loup, mais sûrement pas une révision. »

La possibilité d’obtenir des tirs de défense simple pour les éleveurs dont les troupeaux subissent de la prédation pourrait être assouplie par exemple. Pour la Confédération paysanne, l’État délègue son rôle. « Ce n’est pas aux éleveurs de s’occuper de la défense des troupeaux », insiste Nicolas Girod.

Pas d’avancée sur l’ours

Les militants n’ont pas non plus été entendus sur le dossier de l’ours où ils demandent une brigade d’effarouchement ou la possibilité de piéger les animaux qui posent le plus de problèmes sur les troupeaux.

C’est une pratique que les Espagnols ont employée récemment pour déplacer le plantigrade dans une zone de la montagne où les ovins étaient moins présents. « Les ministères nous ont répondu qu’ils avaient aucun budget à mettre en face de telles mesures », déplore Nicolas Girod.

M.-F. Malterre