« À quand la fin du calvaire ? », interroge le Caf loup, qui réunit FNSEA, JA, FNO, FNB, FNC, APCA, à la sortie de la réunion du groupe national loup qui se déroulait à Lyon le 8 juin 2020. Pour les représentants du syndicat majoritaire et des chambres d’agriculture, le calvaire ne se traduit pas seulement par l’augmentation des attaques de loups. Il s’incarne aussi par le « cri des éleveurs qui résonnent le vide ».

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Relèvement du plafond de prélèvement par paliers de 2 %

580c’est le nombre de loups que la France a recensé sur son territoire à la sortie de l’hiver 2019-2020.

Ce calvaire est la conséquence d’une population de loups en constante augmentation. À la sortie de l’hiver, cette population a atteint le nombre de 580 koups, soit 50 de plus qu’à la fin de l’hiver précédent. Voilà qui pulvérise le seuil de viabilité défini dans le plan national loup et des activités d’élevage s’élevant à 500 individus.

« Ce comptage est vraisemblablement en dessous de la réalité », soupçonne le Caf loup, qui pointe la lourdeur administrative liée aux attaques à répétition, les retards de paiement pour le financement des moyens de protection et les indemnisations des dommages. « Cette politique est ultra-protectrice vis-à-vis du prédateur, alors que l’on compte toujours plus d’animaux d’élevage prédatés », souligne Claude Font, de la Fédération nationale ovine.

L’effectif estimé de loups autorise un assouplissement des règles de prélèvement. L’augmentation des plafonds suivant deux paliers de 2 %, lorsque les 17 % de loups prélevés seront atteints, se fera sans que les interventions auprès des troupeaux ne soient stoppées.

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Demande de précisions sur les loups captifs

Alain Pouget, de la Coordination rurale, est sceptique aussi sur les chiffres annoncés concernant la population. « Nous avons également demandé des compléments d’information sur la liste complète des 67 établissements détenteurs de loups captifs, sur les points de contrôle et les objectifs des élevages recensés », déclare-t-il.

Des interventions ralenties au début de 2020

Depuis le début de l’année, les prélèvements de loups sont ralentis. Au 8 juin 2020, 16 ont été tués, contre 39 à la même date en 2019. « Nous déplorons que la consigne ait été donnée aux louvetiers de ralentir leur intervention au début de l’année en vue de retarder l’atteinte du plafond », souligne Thomas Vernay, de la Confédération paysanne.

« Il paraît grave aussi qu’une centaine de communes soient passées de cercle 1 en cercle 2, à la suite de la mise en place de la nouvelle réglementation, poursuit-il. Elles se situent pourtant toujours dans des secteurs de prédation important. Les éleveurs moins aidés risquent de ne pas pouvoir maintenir le niveau de protection, ce qui va rendre leur troupeau plus vulnérable. »

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Les éleveurs du Caf loup revendiquent aussi le droit pour les éleveurs formés d’avoir plus de moyens, et en particulier d’avoir des armes équipées de lunettes à visée nocturne pour défendre leur troupeau, des armes qui restent pour l’instant à la seule disposition des lieutenants de louveterie ou de la brigade loup. « Nous voulons le droit de défendre nos troupeaux toute l’année, sur tous les territoires, y compris dans les parcs nationaux », insiste Claude Font.

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M.-F. Malterre