Pour le départ de la préfète des Hautes-Alpes, Cécile Bigot-Dekeyzer, le vendredi 21 février 2020, Jean-Marie Bernard, président du conseil départemental des Hautes-Alpes, lui a offert une queue de loup. Il a revendiqué un « geste politique », pour soutenir les éleveurs victimes de la prédation. « C’est un clin d’œil que j’ai voulu faire et un geste fort : les préfets passent, le loup reste et les éleveurs sont toujours aussi désespérés », a déclaré Jean-Marie Bernard.

Un « proche des éleveurs »

L’entourage du président du conseil départemental précise que ce dernier est très proche des éleveurs qui sont nombreux sur son territoire et avec qui il a grandi. Et d’ajouter qu’il est très au fait de la problématique de la prédation.

Le président du conseil départemental demande une révision complète du statut du loup pour qu’il ne soit plus une espèce protégée. « Le loup fait des dégâts considérables et le seuil critique a été atteint », souligne l’attaché de presse de Jean-Marie Bernard.

Il ajoute que le département des Hautes-Alpes a largement contribué à accompagner les éleveurs victimes, non seulement par le biais de convention avec la Région, mais aussi en équipant les lieutenants de louveterie de lunettes à vision nocturne.

Un cadeau « illégal »

Faisant suite à ce cadeau, le parquet de Gap a indiqué avoir reçu ce mercredi une plainte de l’association France Nature Environnement contre Jean-Marie Bernard et contre X pour « détention et produit d’une espèce protégée ».

L’association Férus, qui lutte pour la conservation du loup, de l’ours et du lynx, s’était offusquée de ce cadeau. Le 25 février 2020, dans un communiqué, elle avait rappelé que « le loup est une espèce protégée et il est illégal de transporter sa dépouille, ou une partie, sans autorisation ».

« Concernant les espèces protégées, dont le loup fait partie, l’article L411-1 du code de l’environnement précise que “la destruction ou l’enlèvement des oeufs ou des nids, la mutilation, la destruction, la capture ou l’enlèvement, la perturbation intentionnelle, la naturalisation d’animaux de ces espèces ou, qu’ils soient vivants ou morts, leur transport, leur colportage, leur utilisation, leur détention, leur mise en vente, leur vente ou leur achat” sont interdits », ajoute l’association. Férus devrait également porter plainte.

Jean-Marie Bernard ne précise pas d’où il tient cette queue de loup. « Le geste est fait. Je le revendique et je l’assume. Devant la justice si elle n’a que ça à faire », a-t-il affirmé. Le 27 février 2020 il doit rencontrer Martine Clavel, nouvelle préfète des Hautes-Alpes. Il ne fait aucun doute que la question du loup sera évoquée à cette occasion.

Marie-Astrid Batut, avec l’AFP