Les élus de l’Usapr, Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales, s’interrogent sur la viabilité de leurs communes rurales alors que le cap des 500 loups est en passe d’être franchi. Pour les maires, il y a grande urgence à réviser les modalités de gestion du prédateur. Ils veulent être associés à ces réflexions et estiment qu’il est grand temps de s’interroger sur le « statut des prédateurs dans notre pays, tel qu’il est fixé par la convention de Berne et la directive habitat flore ».

« Sortir de la logique comptable »

Pour la Confédération paysanne qui a rencontré hier, le 10 décembre 2018, Xavier Doublet, le référent pour le plan loup auprès du préfet coordonnateur, « les pistes du prochain plan loup s’orientent vers une mise en place de dérogations supplémentaires, via des tirs de défense pour les éleveurs et les éleveuses, mais la philosophie globale semble rester la même ». Les militants souhaitent sortir d’une « logique comptable ». Ils veulent « avancer vers des prélèvements ciblés des loups en situation de prédation », et ces prélèvements doivent être réalisés par les services de l’État.

« Sauver le pastoralisme »

La Fédération nationale du pastoralisme pense de son côté que les chiffres « officiels sont largement en deçà de la réalité ». L’association estime qu’il est temps de remettre à plat le plan loup sans attendre la sortie de l’hiver. « Nous attendons beaucoup du nouveau ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, qui semble avoir pris la mesure du problème, déclare la FNDP dans un communiqué de presse. Il doit reprendre la main sur le ministère de la Transition écologique qui favorise une politique d’ensauvagement des territoires en dehors de toutes les réalités, avec un coût annuel supérieur à 40 millions d’euros pour une seule espèce. »

L’association signale par ailleurs que malgré le prélèvement de 51 loups, la prédation est toujours en augmentation et fait le constat d’un « échec pour l’élevage » et insiste sur « la priorité de sauver maintenant les élevages de plein air et le pastoralisme ! »

M.-F. M.