L’annulation de l’arrêté d’effarouchement de l’ours Goïat « repose principalement sur le fait que l’État n’a pas préalablement recherché de solutions alternatives satisfaisantes aux tirs d’effarouchement, comme le prévoit l’article L411-2 du code de l’environnement », précise Férus.

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Un prédateur actif

L’ours Goïat fait couler beaucoup d’encre depuis sa réintroduction dans les Pyrénées espagnoles en 2016. Il serait à l’origine de nombreuses attaques, notamment sur des chevaux, de part et d’autre de la frontière. En avril dernier, cet ours était même soupçonné de s’être introduit dans une bergerie. Une manifestation en présence de nombreux élus avait eu lieu quelques jours plus tard à Arreau.

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Les associations environnementalistes ont finalement obtenu gain de cause contre l’effarouchement de ce prédateur. « L’État doit comprendre et enfin admettre que l’effarouchement n‘est pas un moyen ordinaire de protéger les troupeaux et de gérer la population d’ours, que c’est une mesure dérogatoire au statut de protection de l’espèce qui ne peut être mis en œuvre qu’exceptionnellement, à des conditions strictes dont il s’affranchit allègrement depuis 2019 », estime Férus dans son communiqué.

Des batailles juridiques

L’association juge « particulièrement mal venue », l’autorisation de capture de cet ours accordée jusqu’au 30 juin 2022 par Barbara Pompili, le 23 décembre 2021, soit une semaine après ce jugement.

« Les associations ont bien entendu attaqué cet arrêté et il fait peu de doutes qu’il sera également annulé, pour les mêmes raisons, prévoit Férus. Mais cela n’interviendra probablement qu’en 2023, alors que le texte sera caduc. »

Les militants en faveur de l’ours trouvent « regrettable et indigne que le gouvernement joue ainsi avec les délais d’intervention des tribunaux pour s’affranchir des lois de protection des espèces menacées ».

Espérons pour les éleveurs et les bergers que Goïat sorte de son hibernation plus calmement que les dernières années.

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Marie-France Malterre