« La Commission européenne ne prévoit pas de réviser les annexes de la directive « Habitats » pour modifier le statut juridique du loup en tant qu’espèce protégée », a indiqué Virginijus Sinkevičius, commissaire européen à l’Environnement, le 26 août 2020. Il répondait à la question de la députée européenne Anne Sander (PPE), qui demandait si la Commission entendait « ajuster le statut de protection du loup », compte tenu de nombreuses voix qui s’était prononcée en faveur de l’évolution, « y compris au sein des instances de la convention de Berne. »

Pour le commissaire, « les États membres disposent de l’ensemble des outils nécessaires pour faire face à tout conflit éventuel lié à la conservation des espèces protégées, […] y compris le recours à la mise à mort lorsque cela est justifié ».

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La Coordination rurale demande une gestion active

Cette réponse désole la Coordination rurale qui demande depuis longtemps aux élus français de plaider pour la révision des annexes de la convention de Berne et de la directive « Habitats » auprès des instances européennes.

Pour le syndicat, « le système de gestion passive actuel, basé sur des mesures de protection coûteuses a atteint ses limites. […] Il est urgent de mettre en place une gestion active de cette espèce, seul moyen pour maintenir la biodiversité des espaces colonisés par les loups. »

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Les sénateurs encouragent « à engager rapidement des tirs de défense »

Dans ce contexte, la proposition du Sénat, du 24 août 2020, pour modifier le statut du loup au sein de la convention de Berne est vouée à l’échec. Les sénateurs français encouragent, dans cette proposition, les institutions européennes « à constater que le loup a perdu son statut d’espèce strictement menacée » pour qu’il puisse rejoindre le « statut d’espèce simplement protégée ».

Dans la continuité, ils encouragent les États membres « à engager rapidement les tirs de défense des troupeaux dans les territoires avec un nombre correspondant aux autorisations des représentants locaux de l’État, avec des moyens humains et matériels spécifiques significatifs et sans territoires d’exclusion. »

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M-F.M