Lourd constat. « La France détient de très loin les records du nombre de dommages, du coût public de la protection et du montant des indemnisations de dommages (liés au loup, NDLR) », notent le Conseil général de l’environnement et de développement durable (CGEDD) et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) dans un rapport publié en mai 2019.

Les deux organismes se sont donc intéressés aux stratégies de cinq de nos voisins européens (Suisse, Allemagne, Italie, Espagne et Pologne) qui montrent que, « même si aucun système de protection n’est infaillible, […] la limitation des dégâts est tout à fait possible » en France.

Suivi de la population lupine

Premier volet largement balayé par l’étude, l’optimisation de la gestion et du suivi des populations de loups dans nos territoires. « Il faut mettre l’accent sur les fronts de colonisation et sur les échanges d’individus avec les sous-populations des pays limitrophes. »

En plus de demander une harmonisation européenne des méthodes de génotypage par séquençage de l’ADN, le CGEDD et le CGAAER mettent la problématique du « chien-loup » sur le devant de la scène. « Même s’il est rare, il faut limiter le phénomène d’hybridation loup/chien au maximum. » Déterminer la frontière génétique entre les loups et les hybrides, systématiser leur recherche sur les fronts de colonisation, interdire l’élevage et le commerce de chiens hybrides et génotyper l’ensemble des loups élevés en captivités sont autant de pistes avancées dans le cadre de l’étude.

Sur les chiens de protection cette fois, les auteurs de l’étude prêchent pour l’accélération de la structuration de la filière d’élevage par « un réel travail de sélection ».

Impliquer les collectivités locales

« La mission encourage l’État à impliquer davantage les régions dans les prises de décision concernant le loup afin de mieux les adapter aux contextes locaux. » Dans la poursuite de cet objectif, le rapport recommande la création d’un « observatoire national de la coexistence du loup et des activités humaines » en concertation avec les groupes loup départementaux. La création d’un poste de référent loup au sein des directions départementales des territoires de front de colonisation est également conseillée.

Sur la composante législative, la commission demande l’intégration d’un régime d’aides forfaitaires liées à la présence du loup dans la nouvelle Pac. Cette aide pourrait être conditionnée par la « mise en place d’une protection efficace » par l’éleveur.

Enfin, même si les pays concernés par l’étude se disent intéressés par l’exemple français en matière de tirs létaux, le CGEDD et le CGAAER estiment que le recours à ces tirs devrait encore pouvoir être « simplifié et accru » au vu de l’expansion des populations lupines dans le quart sud-est du pays. Est également évoquée, la possibilité d’une « gestion adaptative de l’espèce géographiquement différenciée selon l’importance de la présence de l’élevage ».

A. Courty