Patricia Morhet Richaud a proposé une résolution sur le pastoralisme adoptée ce 2 octobre 2018 à une large majorité. « L’enjeu du débat et de rappeler combien le pastoralisme est lié à nos territoires, à notre environnement et à notre économie pour que le travail des éleveurs soit reconnu à sa juste valeur », a-t-elle indiqué lors de la présentation du texte, soulignant que ces travaux avaient pour vocation de se poursuivre.

Un danger de mort pour l’agriculture

Dans ce contexte, la résolution juge que la prédation exacerbe les difficultés de l’agriculture et l’expose à un danger de mort. Les sénateurs constatent la détresse des éleveurs face à la multiplication des attaques et jugent indispensable une refonte du système d’indemnisation des éleveurs afin d’assurer la célérité des paiements et la juste reconnaissance des préjudices subis.

Pour l’ours, la résolution appelle le gouvernement à bien mesurer l’ampleur des dégâts liés à sa présence et considère que toute réintroduction devrait se faire au terme d’une étude d’impact approfondie et d’une concertation préalable associant les éleveurs et les élus locaux.

Révision du plan à 500 loups ?

Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture, a salué les travaux et la volonté de poursuivre les travaux mais il n’en démord pas au sujet du plan loup mis en place en février dernier : « Le plan remet l’éleveur au centre de la montagne tout en offrant un cadre protecteur au loup. » Le ministre précise que le plan pourra être révisé une fois le seuil de 500 loups atteints et, selon lui, le plan loup 2018-2023 comporte des avancées.

Le gouvernement s’est engagé à négocier avec la commission européenne la prise en charge à 100 % du coût du berger salarié contre 80 % dans l’ancien plan loup. Stéphane Travert s’est justifié au sujet de la conditionnalité des indemnisations aux moyens de protection. « Elle vise à assurer la sécurité juridique du dispositif, mais son déploiement sera progressif. Par exemple, elle ne concernera pas les nouvelles zones, ni les premières attaques. La revalorisation des barèmes devrait être mise en place prochainement », a-t-il aussi indiqué.

M.-F. Malterre