« La réunion (1) au cinéma de Mauléon dans les Pyrénées-Atlantiques a rassemblé près de 130 personnes le 29 avril 2019, souligne Marc Baudrey, responsable de la commission de la prédation à la Confédération paysanne. C’est le signe que la problématique des prédateurs tracasse beaucoup les éleveurs. »

Claverina de retour en France

Après son lâcher spectaculaire en octobre, Claverina, ourse slovène, était partie hiberner en Espagne, mais elle est de retour du côté français, dans le Pays basque. « Elle avait déjà fait des dégâts sur les troupeaux l’année dernière, déclare Marc Baudrey. Ce qui nous amène à imaginer le pire. »

« Nous avons besoin d’une feuille de route rapidement pour définir le cadre des interventions, poursuit-il. Le ministre de l’Agriculture s’était engagé pour qu’en Ariège une brigade d’effarouchement soit mise en place. Si les ours des Pyrénées-Atlantiques deviennent un problème il faudrait envisager un développement de cette brigade. »

Sorita, lâchée également en octobre dernier, serait localisée actuellement dans les Hautes-Pyrénées et elle serait suitée de deux oursons. Les représentants de l’Ariège étaient déjà très remontés car le nombre de victimes de l’année en 2018 est supérieur à celui de 2017.

Conflits à cause des chiens de protection

« La présence des loups affole aussi les exploitants basques qui exercent sur de petites structures, poursuit Marc Baudrey. Les conflits d’usage au sujet des chiens de protection sont de plus en plus nombreux. Je dois moi-même passer devant le conciliateur de la République, nommé par le tribunal d’instance de Remiremont (Vosges) prochainement à cause de mes chiens. Dans toute la France, des bergers se voient retirer les accès à des pâtures à cause de ce moyen de protection qui nous est imposé. La situation est ingérable. Il faudrait définir un statut pour ces chiens. »

La prochaine réunion du groupe national loup (GNL) devrait avoir lieu le 28 mai. « Nous attendons de voir comment le loup, espèce strictement protégée, pourra être régulé, indique Marc Baudrey. Il faudrait que les tirs se concentrent sur les loups en action de prédation. La brigade loup ne sera pas renforcée. L’État compte sur les lieutenants de louveterie, mais ils sont peu nombreux. Il n’y en a que trois disponibles dans les Alpes-Maritimes, le département le plus impacté par la prédation. »

M.-F. Malterre

(1) À l’initiative de la Confédération paysanne du Béarn et du Pays basque qui avaient invité des éleveurs des massifs vosgiens et ariégeois, membre de la commission prédation de la Confédération paysanne.