Le nouveau plan loup vise un objectif de 500 loups à l’horizon de 2023. L’arrêté fixant le nombre de loups pouvant être prélevés en 2018 prévoit un plafond de 40 spécimens. Dès 2019, le plafond annuel sera fixé à 10 % de la population sur la base de recommandations scientifiques avec possibilité de relèvement de 2 % par le préfet coordonnateur en cas d’atteinte du plafond avant la fin de l’année civile et de dommages particulièrement importants.

La pression de prédation oubliée

« Ces dispositions ne tiennent pas compte de la pression de la prédation, regrette Claude Font, de la Fédération nationale ovine (FNO). L’évaluation de l’effectif du prédateur est basée sur le relevé d’indices d’observateurs de terrain. Or, une partie d’entre eux boycottent la remontée des informations. »

Les dispositions du nouveau plan en cas d’attaque visent à privilégier les tirs de défense de janvier à septembre. Les tirs de défense simple sont possibles toute l’année. L’arrêté prévoit un accès plus rapide au tir de défense renforcé sur les fronts de colonisation. Quand les conditions ne permettent pas la mise en place de mesures de protection sur les fronts de colonisation, des tirs de défense sur accord du préfet coordonnateur pourront être autorisés. Les tirs de prélèvements et prélèvements renforcés sont destinés en priorité aux foyers d’attaques et sur certains fronts de colonisation.

La brigade « loup » sera reconduite. Un suivi des dommages dus au loup par les préfets de département pour évaluer l’importance et la récurrence des attaques devrait également être mis en œuvre. Concernant les mesures de protection, les ministres annoncent « une poursuite rationnelle de leur déploiement et un réseau structuré de « chiens de protection », pour sécuriser leur utilisation et renforcer leur efficacité. Un observatoire sur la mise en œuvre et l’efficacité des moyens devrait aussi voir le jour.

Des contrôles pour les moyens de protection

Mais là ou le bât blesse pour les professionnels de l’élevage, c’est au niveau de la mise en place des contrôles des moyens de protection qui devraient conditionner les indemnisations en cas d’attaque. Beaucoup d’éleveurs ont un sentiment d’une double peine.

Pour la Confédération paysanne, il n’y a pas de « réelle volonté de dédommager l’intégralité du préjudice. Ce plan marque une absence totale de considération pour les éleveurs, il n’y a rien sur les appuis des brigades de bergers, pas de statut pour les chiens de protection ce qui va occasionner en plus des conflits de voisinage. Il n’y a rien sur les fronts de colonisation et l’anticipation des moyens de protection. Quant aux autorisations de tirs, elles vont être multipliées pour les éleveurs et les ayants droit ce qui signifiera une augmentation des hommes armés », soulignant que l’année dernière les 1 300 autorisations de tirs ont permis d’abattre 5 loups.

La Coordination rurale est « révoltée ». « Les ministères n’ont rien compris à la problématique du loup ». Elle estime que « convier les représentants des éleveurs à une réunion, les noyer au milieu d’associations de protection de la nature et au final ne pas les écouter, ce n’est pas une concertation ! » Le syndicat regrette qu’aucune demande des éleveurs n’ait été prise en compte, sauf l’observatoire de l’efficacité des moyens de protection, mais cela reste « à la marge ».

« La conditionnalité des indemnisations des attaques liée à l’obligation de la mise en place des moyens de protection fait des éleveurs non plus des victimes mais des responsables des peines, soulèvent les militants. Aussi les moyens de protection ne sont pas subventionnés dans leur intégralité et restent financés par les budgets agricoles, et il n’est jamais question du surplus de temps nécessaire pour mettre en place, entretenir et tout simplement travailler avec les moyens de protection ».

M.-F. M.