« C’est à devenir fou ! s’exclame Christian Menut, à la tête de 1200 brebis avec son fils à La Verdière dans le Var. Notre bergère a encore retrouvé onze brebis au tapis le 25 février 2021, sur le site de Ginasservis à une quinzaine de kilomètres du siège de l’exploitation. Elle était encore très choquée quand elle nous a appelés. »

Sept attaques depuis la mi-décembre

« Les bergers font tout leur possible, assure-t-il. La situation est pénible pour eux aussi. Nous ne savons vraiment plus comment nous sortir de cette situation. » Au total, les loups ont attaqué le troupeau de l’exploitation à sept reprises depuis la mi-décembre 2020, tuant 120 brebis et agneaux.

La fin décembre 2020 a déjà été terrible pour les exploitants. Les loups ont fait un carnage en entrant à l’intérieur de la bergerie. « Les dégâts collatéraux de ces attaques sont considérables, ajoute Christian Menut. Les avortements sont plus nombreux. Nous en avons dénombré 70 par exemple depuis décembre. »

Des effets collatéraux

Des problèmes apparaissent aussi lors des mises bas. Les agneaux se présentent mal, les brebis font des prolapsus par exemple alors qu’ils étaient exceptionnels avant l’arrivée des prédateurs.

« Les chiens de protection font leur possible pour éloigner les prédateurs, mais ils sont épuisés », ajoute Christian. Depuis le 25 février, les exploitants ont constaté leur disparition. « La veille, la gendarmerie m’avait appelé pour me signaler qu’ils rôdaient près de la nationale. Les loups les entraînent loin. »

La brigade loup sur place

Pendant la semaine, le troupeau était particulièrement surveillé. « Les lieutenants de louveterie et la brigade loups étaient aux aguets depuis le 23 février autour de notre troupeau, décrit Christian. Aucun d’entre eux n’a pu apercevoir les loups. Nous valorisons des secteurs très boisés, favorables aux prédateurs car ils peuvent facilement se dissimuler. »

Tous les éleveurs du Var subissent de fortes pressions. Anouk Courtial, du Cerpam, qui enregistre les suspicions d’attaques sur la plateforme Maploup, signalait en début de semaine que ses enregistrements de suspicions d’attaques sont quotidiens depuis le début de l’année pour le département.

Deux loups ont aussi été abattus dans le cadre réglementaire depuis le 1er janvier 2021 dans le département. « Cela s’est déroulé dans le secteur de Canjuers où les animaux pâturent davantage à découvert, explique Christian. J’espère néanmoins que les agents de la brigade resteront encore une semaine sur notre commune. »

Marie-France Malterre