Depuis le début de l’année, le Gaec des Amandines à Peyre-en-Aubrac (Lozère), a décidé de rentrer le troupeau dans la bergerie pendant la nuit pour les protéger des attaques de loups. Même si cela génère beaucoup de travail supplémentaire, cela n’a pas suffi à écarter le danger. Le 19 mai, une demi-heure après la sortie de la bergerie, le prédateur a attaqué. Laëtitia Tichet, la propriétaire du troupeau, est intervenue à temps pour éviter un carnage plus important.

Six attaques sur la même commune

« La préfète a été très réactive, souligne Pierre Monteil, de Jeunes Agriculteurs (JA). Elle a pu prendre conscience du désarroi des éleveurs de la région. » Six attaques ont déjà eu lieu sur la même commune alors que les animaux viennent seulement de sortir au pâturage sur ces communes perchées à 1000 mètres d’altitude.

Les prédateurs sont à l’affût. Ils interviennent à n’importe quelle heure. « À proximité d’une route, d’un village, dans une parcelle bien clôturée. Comment réagir face à ce genre d’attaque », s’insurge Adrien Pauc, responsable ovin au sein de JA de Lozère.

Les loups souvent disculpés

Le verdict des agents de l’OFB n’est pas encore tombé. « Tout est organisé pour disculper le prédateur », se désole Pierre Monteil. Les agents ont mesuré l’impact des crocs au cou et la responsabilité du loup devrait être reconnue dans le cas présent. « Les veaux et les chevaux ne sont pas attaqués au cou, la prédation par les loups n’est jamais retenue, regrette le responsable, qui espère que des solutions seront mises en œuvre pour faire baisser la pression sur les troupeaux dans le secteur.

La préfète a proposé aux exploitants de prendre des patous pour défendre le troupeau. « C’est une solution compliquée dans notre région, dans la mesure où les touristes sur les chemins sont nombreux », ajoute Pierre Monteil.

À lire aussi : Une jument dévorée par les loups (05/03/2020)

M.-F. M.