Pour soulager les éleveurs face à la prédation, la Fédération nationale ovine (FNO) réclame « une protection adaptée à chaque territoire et l’intervention plus fréquente des services de l’État. » À la sortie de la réunion du Groupe national loup (GNL) qui se déroulait le 29 juin à Lyon, le syndicat a déploré « l’augmentation continuelle du nombre de loup.

Selon l’OFB, 624 loups sont recensés en 2021, contre 580 en 2020. Le nombre de meutes atteint 106 et 123 zones de présences permanentes (ZPP) sont désormais comptabilisées. « La pression est très forte été comme hiver », rappelle la FNO, constatant que de plus en plus d’attaques ont lieu à proximité des bergeries et à quelques kilomètres des centres-villes.

Une protection impossible pour la conduite en lots

Même si les prédateurs se concentrent massivement à l’est du pays et dans l’arc alpin, « les meutes s’éparpillent » sur un territoire de plus en plus large.

« Dans les zones herbagères de plaine, les troupeaux sont souvent divisés en de petits lots d’une vingtaine de brebis où les bergers chiens de protection n’ont pas leur place », insiste la FNO.

Un expert contesté

Alain Pouget, en charge du dossier loup à la Coordination rurale, a été surpris lors de la réunion du 29 juin 2021, par la présentation d’un « expert loup » choisi par le préfet coordonnateur du GNL pour étoffer la connaissance sur le prédateur. Jean-Marc Landry, cet expert suisse est gérant de l’Institut pour la connaissance et l’amélioration de la protection des troupeaux. Il est aussi parfois dénoncé par des éleveurs pour son manque d’impartialité quand il s’agit de la prédation liée au loup. « Pourquoi le GNL ne fait-il pas appel au comité scientifique qu’il a nommé pour acquérir des connaissances ? », interroge Alain Pouget.

Le financement du dossier loup est un autre sujet qui heurte la Coordination rurale. « Pourquoi les problèmes des loups sont toujours financés par des crédits agricoles ? », martèle Alain Pouget. C’est au ministère de la Transition écologique à supporter cette charge. » En 2020, entre les dégâts lors des attaques et le financement des moyens de protection (chiens, clôtures, aide bergers…), les dépenses ont atteint plus de 34 millions d’euros.

Raccourcir les délais d’indemnisation

« Nous souhaitons aussi que les délais de paiement des dégâts des attaques soient raccourcis, ajoute Alain Pouget. Actuellement, il s’écoule 170 jours en moyenne entre la déclaration de l’attaque et le règlement des dégâts. »

La Coordination rurale s’inquiète aussi d’une possible mise en place des autodéclarations des attaques lorsque le nombre de victimes est inférieur à 5. « Cela implique une production d’éléments déclaratifs importants (photos, localisation…) et beaucoup de temps pour l’éleveur », souligne-t-il.

Marie-France Malterre