Emmanuel Macron aura pu bénéficier de deux comptes-rendus hier au sujet de la problématique du loup. Celui de sa conseillère à l’agriculture, Audrey Bourolleau, et Stéphane Bouillon, préfet coordonnateur du plan loup, qui rencontraient en fin d’après-midi la délégation des territoires, constitué d’éleveurs et d’élus (1). Et celui de son épouse qui aura pu lui raconter le bref exposé que lui a fait Mélanie Brunet, l’une des éleveuses du groupe, de manière fortuite à la sortie de l’Élysée.

Mélanie Brunet débriefait avec le groupe d’éleveurs l’entretien qu’elle venait d’avoir avec les conseillers du président de la République, quand Brigitte Macron est passée. L’éleveuse a saisi cette opportunité pour lui présenter le livre de Michel Revelin « Les enjeux du pastoralisme face au loup ». Brigitte Macron a promis d’en faire part à son mari.

La délégation avait déjà remis la motion des territoires au chef de l’État lors du Salon de l’agriculture. Près de 900 personnes, dont 44 parlementaires, 28 élus régionaux, 280 maires ont signé la tribune qui reprend quatre points pour la gestion du prédateur :

  • Réaliser un comptage fiable du nombre de loups ;
  • Simplifier les procédures de défense ;
  • Créer une brigade par Massif ;
  • Une indemnisation sans conditions des mesures de protection.

Étude du coût

À l’occasion du rendez-vous, le groupe a eu l’occasion d’insister sur le coût que représente le prédateur pour l’État. « Alors que les budgets des élus sont de plus en plus contraints, les dépenses pour le loup ont explosé ces dernières années, passant de 1,4 million à 27 millions d’euros l’année dernière », insiste Frédérique Puissat, sénatrice de l’Isère. La Cour des comptes devrait analyser les chiffres prochainement, en prenant en compte l’amende que pourrait « imposer » l’Europe à la France si la protection du loup n’était pas respectée.

Les représentants de l’Élysée ont exprimé leur intention de faire diminuer le nombre de victimes, sachant qu’il a atteint un niveau record en 2017 avec plus de 12 000 animaux indemnisés. « Les loups hybrides ne seront pas décomptés du quota », a indiqué Yann Souriau, maire de Chichilianne. Il reste à définir le statut de l’hybride. Pour l’élu, la pression du loup est insoutenable sur les communes. « Un chien de protection a encore attaqué gravement une personne sur ma commune, déclare-t-il. Nous avons une responsabilité pénale sans avoir la possibilité d’intervenir. »

M.-F. Malterre

(1) La délégation comprenait : Mélanie Brunet, présidente du Cercle 12, Olivier Maurin, président d’Elovel IGP Agneau, André Baret, président du Cercle 48, Gérard Landrieu, maire de Prévenchères (Lozère), Yann Souriau, maire de Chilianne (Isère), Frédérique Puissat, sénatrice de l’Isère, Patricia Morhet-Richard, sénatrice des Hautes-Alpes et leur avocat.