Dans un communiqué de presse du 23 juillet 2021, la chambre régionale d’agriculture de la Bourgogne-Franche-Comté s’alarme du nombre croissant d’attaques de prédateurs sur les élevages. Elle demande à l’État de prendre ses responsabilités et de faciliter l’accès aux tirs de défense.

« Attaques de loups, stop aux traumatismes infligés ! »

En introduction de son communiqué de presse, la chambre régionale d’agriculture de la Bourgogne-Franche-Comté affirme que le loup est « inexorablement de retour et désormais bien installé ». Ses attaques, mais aussi celles du lynx, déciment le bétail « village après village ».

En effet, selon l’Office français de la biodiversité (OFB), 624 loups sont recensés en 2021, contre 580 en 2020. Le nombre de meutes atteint 106, et 123 zones de présences permanentes (ZPP) sont désormais comptabilisées.

Une situation qui « ruine le métier d’hommes et de femmes passionnés par la conduite de leurs troupeaux » et qui remet en cause, selon la chambre d’agriculture, la conception même de la « reconquête de notre souveraineté alimentaire des circuits courts et de l’alimentation de proximité ! » Car laisser des prédateurs attaquer les troupeaux revient « à admettre le recul de l’élevage local, véritable garant d’un aménagement durable de nos territoires, au bénéfice du loup et par ricochet au profit de l’importation ».

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Faciliter l’accès aux tirs de défense

« L’activité d’élevage déjà fragilisée dans notre région n’est pas compatible avec la présence du loup et du lynx. » La chambre régionale d’agriculture de la Bourgogne-Franche-Comté déplore ainsi le manque de moyens de protection face aux prédateurs mis à sa disposition.

En conséquence, « la définition de zone non protégeable doit impérativement être adaptée à notre région afin de faciliter l’accès aux tirs de défense ». Plus encore, la chambre affirme qu’il faut « éduquer les loups en les dissuadant d’attaquer et cela ne se fera qu’en leur rappelant de façon radicale que les troupeaux domestiques ne constituent pas leur garde-manger ! »

La chambre régionale en appelle ainsi au rôle de l’État qui « se doit d’être responsable des prédateurs dont il a fait le choix d’assurer le développement ». Elle demande « formellement aux pouvoirs publics de prendre toutes les mesures nécessaires pour stopper le retour du loup ».

Pour ce faire, la chambre réclame la revalorisation des indemnisations des dommages causés sur les troupeaux, jugées « sous-évaluées » et demande « systématiquement l’abattage de celui-ci dès les premiers signes de présence à proximité de nos élevages ». Et « il doit en être de même pour les lynx aux comportements déviants. »

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Oriane Dieulot