« Pour certains éleveurs, l’arrivée du loup dans le département (Haute-Vienne) est un coup de massue à quelques années de la retraite, observe François Vanier, président du Centre interprofessionnel interrégional de recherche en production ovine (Ciirpo). Ils sont totalement découragés et envisagent même d’arrêter la production. » L’arrivée du prédateur pourrait être un frein supplémentaire à la transmission des exploitations.

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« Trouver des moyens de protection adaptés »

À la ferme expérimentale du Ciirpo, qui a subi une attaque (1 brebis tuée) dès l’arrivée officielle des prédateurs à la fin de l’année 2021, des réflexions vont avoir lieu pour explorer des solutions d’adaptation. « Nous allons devoir trouver des moyens de protection adaptés à la situation de nos exploitations », explique François Vanier.

Cela ne sera pas simple car les systèmes du Limousin sont basés sur la valorisation des surfaces fourragères. Pas question en tout cas de se transformer en élevages hors sol. « Nous allons nous appuyer sur l’étude conduite par l’Institut de l’élevage en 2021, ajoute-t-il. La préservation de nos élevages est essentielle dans notre zone. »

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Accélérer la transmission des informations

Pour Jérôme Redoules, coprésident de la Fédération départementale ovine du Tarn, « les informations concernant les attaques de loups sont officialisées bien trop tardivement. » En 2021, un peu moins d’une trentaine d’attaques seraient comptabilisées.

Les chiens de protection sont peu présents pour le moment dans le département. « Nous allons travailler pour nous former à la mise en place de ces animaux », ajoute-t-il. Le défi risque toutefois d’être compliqué à relever en raison de la conduite des troupeaux en de nombreux lots (surtout en système laitier). Le parcellaire très morcelé et la proximité de nombreux riverains sont aussi des freins à la mise en place de ces moyens de protection.

Pas de solutions miracles

« Nous avons aussi demandé l’installation de pièges photos pour repérer plus précisément les prédateurs, ajoute-t-il. Il n’y a pas de solution miracle. Se déplacer avec un fusil pour un éleveur qui a obtenu l’autorisation d’un tir de défense simple est une situation difficile à vivre. Ce n’est pas humain de vivre dans ces conditions. Si l’État veut des loups, il faudrait qu’il en assume les conséquences », s’indigne-t-il.

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Marie-France Malterre