L’association tient à « remettre les pendules à l’heure » alors qu’elle avait été snobée par le président de la République le 14 janvier 2020. Emmanuel Macron avait ce jour-là choisi de s’entretenir avec les éleveurs seuls sur le sujet, lors de sa venue à Pau (Pyrénées-Atlantiques).

Les nouveaux lâchers abandonnés depuis le 6 juin 2019

Cap Ours confirme que le ministère n’envisage pas de nouveaux lâchers d’ours, « comme l’avait indiqué le préfet de massif le 6 juin 2019, rappelle l’association. Cela n’exclut pas des renforcements si l’évolution démographique s’inversait ou en cas de destruction par l’homme », précise le collectif.

Le plan ours prévoit des évaluations d’effectif régulières. Néanmoins, « les associations regrettent que l’État néglige la question génétique qui justifie à elle seule de nouveaux futurs lâchers, le nombre d’individus fondateurs restant trop faible pour assurer la diversité génétique indispensable pour obtenir une population viable, à moyen et long terme ».

Selon les militants, le ministère de la Transition écologique « récuse le terme d’ours « voraces ». Pour l’État, il s’agit uniquement de gérer l’apparition d’éventuels ours à problèmes, grâce au protocole existant. Ce dernier prévoit, en dernier recours, et dès lors que les troupeaux sont correctement protégés et après d’éventuels effarouchements, le déplacement et la capture d’ours.

Améliorer la gouvernance du dossier ours

Cap Ours signale enfin que « le ministère de la Transition écologique souhaite améliorer la gouvernance du dossier sur l’ours, non seulement avec la participation des élus mais aussi des autres parties prenantes, invitées mais souvent absentes aux réunions ». L’association a aussi profité de cette rencontre pour « dénoncer » le système d’indemnisation qu’elle estime à la dérive.

Selon elle, « le système amalgame les dégâts pour lesquels la responsabilité de l’ours est avérée et les indemnisations « au bénéfice du doute » pour lesquelles rien ne montre son implication ». Les militants n’en démordent pas : la solution de la cohabitation avec l’ours réside « dans la promotion du gardiennage et de la protection des troupeaux ». C’est encore un point fort de désaccord avec les éleveurs qui observent que les moyens sont sans cesse contournés par les prédateurs.

M.-F. M.