Dans la nuit du vendredi 8 au samedi 9 novembre 2019, un troupeau d’alpagas a été attaqué par un loup à Montclus, dans les Hautes-Alpes. L’éleveur, Antoine Segretain a perdu 21 têtes. 9 animaux ont été blessés, dont deux grièvement et de nombreux avortements seront probablement à déplorer. « On se réveille le matin et on trouve des cadavres d’alpagas dispersés partout », témoigne l’agriculteur, qui a mis deux jours à rassembler les survivants de son troupeau.

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Alpaga blessé. © DR

La plus grosse attaque enregistrée sur cette espèce

Au-delà des pertes financières qui seront importantes, c’est surtout le moral qui en prend un coup. « La DDT nous parle d’indemnisation, mais ce n’est pas le moment. Pour l’instant, c’est le carnage et on pleure » affirme Antoine Segretain, d’autant plus affecté qu’il a lui même, avec d’autres agriculteurs, monté la filière en 1986. « Nous sommes face à la plus grosse attaque enregistrée au niveau national sur cette espèce », précise la Confédération paysanne, qui demande aux autorités publiques de réagir.

Les survivants sont rassemblés dans un bâtiment pour être soignés. © DR

L’État traîne à payer

C’est la troisième attaque qu’Antoine Segretain dénombre sur ses alpagas cette année, en plus de celles sur son troupeau de moutons. Si les indemnisations sur brebis sont bien cadrées, elles sont plus difficiles à calculer pour les alpagas car ces animaux sont rares. L’éleveur n’a toujours pas été indemnisé de la dernière attaque qui a eu lieu en 2017.

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Antoine Segretain s’interroge sur l’avenir. « Ce n’est pas au loup qu’on en veut. C’est sa gestion qui n’est pas bien faite. Maintenant, il faut imaginer de nouvelle protection ou une meilleure gestion du loup à l’échelle nationale. »

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Renaud d’Hardivilliers