« Nous ne pouvons plus accepter la situation vécue par les éleveurs de notre département face à la prédation des loups », affirme la FDSEA des Alpes-Maritimes dans un communiqué publié le 7 mai 2021. C’est pourquoi le syndicat a décidé de ne pas assister à la réunion départementale du comité loup qui s’est déroulée le 7 mai. La Fédération départementale des chasseurs lui a aussi emboîté le pas.

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Dans le courrier envoyé au préfet, la FDSEA explique qu’elle ne peut « plus cautionner, par sa participation au comité loup, l’effondrement du cheptel de brebis mères dans leur département et le non-renouvellement des générations d’éleveurs qui conduisent leur troupeau en extensif. »

40 % de brebis mères en moins

Le nombre de brebis mères a reculé de 40 % en 15 ans. Il est passé sous la barre des 30 000, « ce qui remet en cause la pérennité de l’élevage extensif dans leur département », estime déclare Jean-Philippe Frère, président de la FDSEA.

Les conditions de vie sont si difficiles que les anciens ne trouvent pas de repreneur. Et lorsqu’ils en trouvent, « les banques n’acceptent pas de les suivre sur de tels projets », constate Jean-Philippe Frère, qui souligne que les systèmes d’élevage pastoraux sont plébiscités par la société et encouragés par les pouvoirs publics.

Le syndicat déclare ne plus vouloir se contenter de « mesurettes » qui ne règlent pas le problème de la prédation du loup et demande des mesures fortes de régulation.

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« Les éleveurs ne sont pas des bandits »

La FDSEA met également en avant le problème des chiens de protection. Elle rappelle que le préfet coordonnateur du plan loup, Jean-Paul Celet, avait fait des annonces qui n’ont jamais été suivies d’effet à propos des morsures de randonneurs imprudents par des chiens de protection.

« Assister les éleveurs dans les procédures au tribunal, par exemple, aurait été une mesure concrète, souligne le responsable. Les éleveurs ne sont pas des bandits ! Nous avions aussi demandé la présence permanente d’agents de la brigade loup sur le département, nous l’attendons toujours. »

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Marie-France Malterre