Les représentants nationaux de la Coordination rurale (CR) volent au secours de leur représentant de la Creuse qu’ils soutiennent « à 200 % ». Pour protéger ses troupeaux face aux dégâts des loups, Florian Tournadre avait déclaré le 22 janvier 2022 lors d’un reportage diffusé sur France 3 Limousin, que son syndicat invitait « les agriculteurs à prendre leur fusil de chasse ».

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Un contexte tendu

La déclaration a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux. La secrétaire d’Etat chargée de la Biodiversité avait ordonné l’ouverture d’une enquête. « Les propos ne sont finalement que le témoignage de l’exaspération de nombreux éleveurs », indique la Coordination rurale dans un communiqué de presse du 25 janvier.

Même si le syndicat reconnaît le caractère outrancier des propos, il invite à « cesser de minimiser le danger que représente ce prédateur » et précise « le contexte tendu dans lequel ses propos ont été tenus ». Pour la CR, le loup n’est pas compatible avec l’élevage. « Il doit être cantonné aux zones sans activité humaine », estime-t-elle et explique que c’est l’esprit des propos de leur collègue de la Creuse.

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L’effarouchement : une mesure inappropriée

La CR pointe aussi les tirs d’effarouchement autorisés dans la Creuse sur une seule commune. « Déplacer le problème chez le voisin ne constitue pas une réponse appropriée, déclare la CR. Lorsqu’il y a un problème, il faut le régler, et c’est justement ce qui n’a pas été fait depuis 1992. »

Autre sujet d’exaspération des éleveurs selon la CR, le fait que les loups « s’échappent des parcs et parviennent parfaitement à s’acclimater et à retrouver leurs instincts sauvages, notamment celui de prédation. »

La CR dénonce aussi le comptage des loups amais également les relations parfois difficiles entre les éleveurs et les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) qui, « par désinvolture ou par volonté, réfutent la présence du loup sur des nouveaux territoires. Il faut attendre bien longtemps après les premières attaques, qui ne sont souvent pas attribuées au loup, pour que l’OFB reconnaisse une zone en zone de présence permanente (ZPP). Ce décalage explique, au moins en partie, le manque de fiabilité des estimations de la population lupine. »

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Marie-France Malterre