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La Belgique ne crie pas encore au loup mais s’y prépare…

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Cette carcasse de sanglier a été découverte en janvier dans les Ardennes belges. Le loup est-il responsable ? C’est une piste probable. © Ph. Moës

Le loup n’a plus été officiellement observé en Belgique depuis 118 ans. Et pourtant, les preuves de son retour s’accumulent. Du côté de la fédération ovine et caprine wallonne, on ne veut pas en entendre parler.

On l’aurait observé une première fois en août 2016 et, ensuite, de manière régulière dans les Ardennes et la Famenne wallonnes, deux zones limitrophes du sud de la Belgique.

À la fin de 2017, dix observations crédibles, sur une trentaine répertoriée, ont été relevées.

Le loup est-il de retour ? On pourrait le supposer. Seulement aucune preuve génétique n’a pu à ce jour soutenir cette thèse, à l’inverse de ce qui s’est passé au Grand-Duché de Luxembourg : le 15 juillet dernier, huit moutons y ont été retrouvés morts. Dans la foulée, les analyses scientifiques ont confirmé qu’il s’agissait bien d’un loup provenant d’une population alpine.

Du blaireau au loup

Le ministre wallon en charge de l’Agriculture a d’ailleurs anticipé. Il a ainsi élargi, en septembre, une mesure permettant aux agriculteurs d’être indemnisés en cas d’attaque par un animal issu d’une espèce protégée. Cette indemnisation s’appliquait déjà pour le blaireau européen, la loutre commune, le castor européen, le héron cendré et le grand cormoran. Désormais, cette indemnisation est étendue aux éventuels dégâts causés par le loup.

Des éleveurs inquiets

Dans le même temps, un « réseau loup » a vu le jour afin de documenter le plus possible toutes les observations qui seront réalisées. Des représentants de la filière ovine et caprine ont intégré ce pôle wallon, de même qu’une série d’experts scientifiques, des chasseurs, des naturalistes…

Mais du côté des éleveurs, sa présence ou son retour probable inquiètent au plus haut point. Jean Devillers, président de la filière ovine et caprine wallonne, en témoigne. « Cela remet en cause l’élevage en pâture. Notamment pour les éleveurs bio. La cohabitation est impossible. » Pour lui, il n’existe pas plusieurs solutions : « Il faut tuer les loups au fur et à mesure qu’ils reviennent. Et le pouvoir politique doit lever l’ambiguïté : d’un côté, il privilégie l’élevage à l’herbe et, de l’autre côté, il soutient le retour du loup. »

Emmanuel Huet, à Bruxelles
Les sangliers d’abord ?

En janvier dernier, le naturaliste Philippe Moës a découvert dans la forêt ardennaise une carcasse de sanglier. « J’ai été surpris par la manière dont la peau était raclée. La tête était sectionnée au niveau de la nuque, mais elle était intacte comme les pattes. C’était très propre et peu éparpillé. » Faute de protocole à l’époque, aucun prélèvement ADN n’a été fait. « On suppose que le loup est passé ou qu’il revient de temps en temps. » Philippe Moës, qui ne se définit pas comme un expert de l’animal, estime qu’il pourrait trouver sa place en Wallonie. « La nourriture conditionnera son installation. Or on a une densité pléthorique de sangliers qui laisse espérer qu’il ira vers la faune sauvage. Ce sera plus problématique s’il s’attaque au bétail. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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