« L’État ne peut plus occulter la mise en danger de mort de l’élevage en plein air et rester indifférent à la détresse des éleveurs et des élus locaux », grondent le syndicalisme majoritaire (1) et les chambres d’agriculture, dans un communiqué publié le 7 janvier 2019. D’après ces organisations, « plus de 12 000 bêtes ont été tuées à la fin de novembre 2018, et le dernier suivi de biologique de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) fait état d’une population [de loups, NDLR] en forte hausse ».

Pour Claude Font, responsable du dossier sur la prédation à la FNO, Fédération nationale ovine, « l’effectif de 500 loups visé à la fin du quinquennat Macron est d’ores et déjà atteint. Nous attendons les chiffres officiels de l’ONCFS à paraître en avril prochain, mais toutes les observations de terrain vont dans ce sens. Entre juin et octobre 2018, le nombre de zones de présence permanente du loup (ZPP) est passé de 72 à 85. À la sortie de l’hiver 2017, 57 meutes étaient décomptées, contre 74 aujourd’hui. »

Exercer un « droit de défense »

Le syndicaliste l’affirme : « Il faut remettre à plat le plan loup. Nous ne changeons pas nos objectifs : chaque éleveur ou ayant droit, chasseur ou lieutenant de louveterie, doit pouvoir effectuer un tir de défense dès la première attaque, sans contrainte administrative. Notre but est simplement d’exercer notre droit de défense, et non de chasser le loup. Ce n’est pas à nous de réguler la population. »

S’agissant de la conditionnalité des indemnisations à la mise en place de moyens de protection, « elles n’ont pas de sens, estime Claude Font. Les éleveurs sont avant tout des victimes ». Le responsable syndical réaffirme également son opposition à une gestion différenciée du dossier loup. « Il doit être traité de la même manière sur tous les territoires. »

V. Gu.

(1) Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), Fédération nationale ovine (FNO), Fédération nationale bovine (FNB) et Jeunes Agriculteurs (JA).