S’il est un sujet qui fait l’unanimité au sein des syndicats agricoles (FNSEA, Coordination rurale, Jeunes Agriculteurs, Confédération paysanne, Modef, FNO), c’est celui de la prédation. Ils étaient tous réunis avec les maires de l’Usapr (Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales) pour rédiger des propositions communes pour le prochain plan loup.

La pression monte

À quelques jours d’une réunion prévue à la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement du territoire et du logement (Dreal) à Lyon, les professionnels et les élus font monter la pression. Ils veulent pouvoir « défendre les troupeaux et enrayer la prédation sur l’élevage avec des moyens appropriés ».

Ils dressent à nouveau un constat lourd : 10 000 victimes du loup en 2016, un prédateur qui perd la crainte de l’Homme, des mesures de protection sans cesse déjouées qui ont par ailleurs un impact négatif sur la biodiversité et qui accentuent la fermeture des milieux…

Les conséquences de la prédation, c’est aussi une population en détresse : aussi bien celle des éleveurs et des bergers que celle des maires qui ne peuvent plus « garantir le vivre ensemble et gérer le multi-usage des territoires ».

Des tirs dès que le troupeau est menacé

Face à ce bilan, les syndicats et les maires estiment que « tout éleveur, sur le territoire national, doit pouvoir se défendre, et être aidé pour cela. Les tirs de défense doivent être considérés comme partie intégrante des mesures de protection. »

Les signataires demandent de pouvoir agir chaque fois qu’un troupeau est menacé, y compris dans les Parcs nationaux, en usant aussi de « tirs de prélèvement partout où ils seront nécessaires, sans exclure des groupes de loups entiers. »

Renforcer les brigades

Le collectif veut pérenniser et même renforcer les brigades formées et rémunérées par l’État. « L’indemnisation des victimes ne doit pas être liée à la mise en place des mesures de protection, car nombre de troupeaux ne sont pas protégeables et cette conditionnalité serait source d’iniquités redoutes », déclarent-ils.

« L’amplification des mesures de protection actuelles aboutit à condamner les autres usages des territoires et fait exploser le budget “loups” », poursuivent-ils. Si leurs demandes n’étaient pas prises en compte, « ce serait prendre le risque d’encourager des pratiques illégales », soulignent les maires et les professionnels.

M.-F. M.

(1) Union pour la sauvegarde des activités pastorales et rurales, garante de l’équilibre des territoires.