Le prélèvement des loups en 2019, et l’arrêté expérimental qui le régit, a été passé au crible par une partie des membres du groupe national loup. Une synthèse vient d’être publiée par les services de l’État. Ce quota dérogatoire vise à intervenir durant la période de pâturage des troupeaux mais il semble difficile de ne pas le dépasser alors que la pression sur les troupeaux continue son ascension.

Doublement du plafond entre 2018 et 2019

Dès 2019, première année du relèvement du plafond de loups pouvant être prélevés de 51 à 100 loups, les attaques sur les troupeaux ont continué leur progression. Le rapport de l’évaluation de l’arrêté expérimental du 26 juillet 2019 mis en ligne le 30 juin 2020 fait état de près de 3 750 attaques pour un nombre d’animaux domestiques tués de plus de 12 500.

Les mesures de protection mises en œuvre sont toujours plus importantes : les emplois aidés de bergers ou d’aides représentaient 455 ETP (équivalent temps plein), soit 4,4 % de plus qu’en 2018. L’entretien des 4 258 chiens de protection a représenté une charge en augmentation de 7,5 %, sachant que 20 % du montant total est toujours à la charge de l’éleveur.

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Ralentir les prélèvements

Le préfet coordonnateur a bien du mal à ne pas dépasser le quota de prélèvement. En 2019, « constatant que ce plafond pouvait être prématurément atteint », il a demandé aux préfets dès le 17 juillet 2019, de limiter la délivrance des autorisations de tirs de prélèvement avant le 1er septembre 2019 aux territoires « très critiques » en matière de prédation et de limiter le nombre de loups pouvant être tués à 2 par arrêté. Le 3 septembre 2019, sauf exception, les tirs de prélèvement et la plupart des tirs de défense renforcée ont été suspendus par une deuxième instruction.

Dans le même temps, l’effectif des loups continue son ascension. À la fin de l’été 2019, cinq meutes supplémentaires par rapport à 2018 étaient recensées. L’estimation de la fin de l’hiver qui devrait être officialisée prochainement est nécessaire pour « statuer sur ce point », indiquent les services de l’État.

Bilans des dispositifs testés

Certains dispositifs testés en 2019 « n’ont pas démontré leur efficacité », selon la synthèse. Il s’agit des tirs de défense mixtes ou l’avancement de la date des tirs de prélèvements.

Parmi les propositions faites par des membres du groupe national loup et qui n’ont pas été retenues figurent l’instauration de plafonds départementaux ou la possibilité de tuer des meutes.

La suppression de la suspension des tirs de défense à 4 unités du plafond a en revanche démontré son intérêt, selon le rapport, tandis que le bilan du cercle 0 est, quant à lui, mitigé.

La pérennisation du plafond pourrait être envisagée, prévoit le rapport « mais son argumentation devra s’appuyer sur le suivi très fin de l’efficacité des mesures de protection, du niveau de prédation et de l’évolution de la population lupine. »

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M.-F. M.