La situation pour les éleveurs confrontés à la prédation était très tendue lors la réunion du Groupe national loup (GNL) et des activités d’élevage. Les attaques sur les troupeaux sont toujours aussi nombreuses : 3 500 en 2019 au 31 octobre 2019, soit 400 de plus qu’un an plus tôt à la même date. Pourtant, les autorisations de prélèvements (100) sont presque couvertes (97). Pour 2020, les arrêtés expérimentaux mis en place cette année concernant les prélèvements du prédateur devraient être reconduits, mais des problèmes pour l’évaluation de l’effectif pourraient apparaître.

Réguler sans plafond

« Les loups ont étendu leur territoire, 50 départements sont concernés, souligne Claude Font, de la Fédération nationale ovine. Cela devrait remettre en cause la méthode de calcul pour évaluer l’effectif de loups. L’Office national de la chasse et de la faune sauvage pourrait être bloqué pour annoncer une évaluation de la population de loups à la fin du printemps prochain. »

Or, c’est cet effectif qui sert de base pour déterminer le nombre de loups pouvant être abattus. « Cela peut être une bonne nouvelle, estime Claude Font. S’il n’y a plus d’effectif, il n’y a plus de plafond non plus, considère-t-il. Le loup doit être régulé sans plafond de prélèvement, tout au long de l’année et sur tous les territoires. »

Le responsable syndical regrette aussi que l’évolution les revendications concernant l’évolution du Cercle 0, l’avance de trésorerie concernant les moyens de protection, ou la demande des tirs dans les cœurs de parcs naturels soient restées lettre morte.

Un cercle 3 en projet

Du côté de la Confédération paysanne, Marc Baudrey a été très surpris du projet imminent de création d’un cercle 3 sans consultation préalable de la profession. « Cela pourrait être une bonne chose, mais j’ai peur que l’on “déshabille Paul, pour habiller Pierre”, surtout si l’on reste à budget constant, comme le prévoit l’État. Les cercles 1 et 2 pourraient être les perdants. »

Le rythme des réunions pourrait être ralenti aussi dans l’avenir. Le GNL pourrait se réunir deux fois par an au lieu de quatre. « C’est un retour en arrière et une manière de négliger les remontées du terrain », estime Marc Baudrey.

Déclasser le loup

Pour la Coordination rurale, « il faut désormais cesser de « jouer » avec le plan loup et la surenchère de mesures de protection et prendre le problème du loup à son origine ». Le syndicat estime qu’il est « primordial » pour la France, à l’image de la Suisse, de porter le combat du déclassement du loup auprès du Comité permanent de la convention de Berne qui se réunit à partir du 3 décembre 2019 à Strasbourg. Bien que « le ministre de l’Agriculture se soit engagé à faire figurer ce point à l’ordre du jour du Comité auprès de la Sénatrice Morhet-Richaud, cette question n’est pas prévue au débat », regrette la Coordination rurale.

M.-F. Malterre