Les troupeaux de brebis sur le plateau de Millevaches (au sud de la Creuse et au nord de la Corrèze) ont été la cible de nouvelles attaques suspectes au cours des derniers jours. Jouanny Chatoux a perdu deux brebis qui pâturaient sur une prairie sur la commune de La Nouaille, dans la Creuse. « L’une avait l’épaule complètement dévorée, explique-t-il. Je ne sais pas s’il s’agit d’un loup mais cela ne ressemble pas à l’attaque de chiens, car ils mordent davantage les gigots. Une majorité des éleveurs de la zone a enregistré des pertes de ce type depuis le début de l’année, s’inquiète-t-il. Nous sommes pratiquement tous impactés. »

L’Office national de la chasse et de la faune sauvage est venu constater les dégâts sur le troupeau à La Nouaille le week-end dernier, mais « aucun élément ne permet d’attribuer cette attaque à un ou plusieurs loups », indique le préfet dans un communiqué de presse le 23 mai 2018. Selon lui, le mode de prédation et les indices relevés : traces de morsures à la gorge, sur le dos, les flancs, les membres postérieurs et l’écartement des canines sont peu conformes au mode opératoire du loup.

Les agents ont également transmis des empreintes de canidés relevés à des experts qui n’ont pas « retenu la thèse du loup » non plus. Selon les services de l’État « un chien qui a déjà attaqué peut renouveler son action est souvent meurtrière et jamais discrète. »

Des analyses ADN en cours

Les éleveurs de moutons de la zone sont toutefois à la recherche de preuves tangibles. Ils ont pratiqué des prélèvements sur les animaux prédatés. Ils les ont envoyés à un laboratoire allemand ForGen, spécialisé dans les analyses ADN et sollicité ces derniers mois par de nombreux éleveurs des Alpes, des Vosges, du Midi-Pyrénées… en quête d’éclaircissement au sujet de pertes récurrentes de brebis sur leur exploitation.

M.-F. M.