Jusqu’à aujourd’hui, la réglementation communautaire plafonnait à 80 % le remboursement par les États membres, des investissements pour la protection. La décision annoncée par la Commission ce jeudi permet de porter ce taux à 100 %.

Les coûts indirects aussi

Bruxelles assure que les États seront aussi autorisés « à rembourser 100 % des coûts indirects, tels que les coûts vétérinaires résultant du traitement des animaux blessés et ceux de main-d’œuvre liés à la recherche d’animaux disparus à la suite d’une attaque par un animal protégé ».

La Commission européenne estime visiblement que cette augmentation des soutiens dans les zones où les grands carnivores sont présents, est le prix à payer pour assurer le succès de sa politique de conservation des espèces protégées.

« Nous sommes prudents à propos de cette annonce, déclare Claude Font, de la Fédération nationale ovine. On ne sait pas encore comment va évoluer la réglementation française. Et surtout cela ne modifie en rien notre position concernant le statut du loup. L’espèce doit être “déclassée” dans la directive relative habitats », ajoute-t-il.

Les moyens de protection ont fait couler beaucoup d’encre à la mise en place du plan loup 2018-2023. La Fédération nationale ovine a déjà fait part de son désaccord au sujet de la conditionnalité des indemnisations qui devrait accompagner la revalorisation de la grille de ces indemnisations. Une réunion à ce propos est prévue le 16 novembre. « La perte d’animaux est un préjudice pour les éleveurs et la compensation ne peut pas être considérée comme une aide et être soumise à une conditionnalité », soutient Claude Font.