Mardi 6 octobre 2020, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique a annoncé qu’elle autorisait un tir de prélèvement pour un loup en Saône-et-Loire dans le secteur du Charolais-Brionnais. « Ces tirs sont possibles en dernier recours, mais ici c’est le cas », a précisé la ministre. Le prédateur visé attaque les troupeaux depuis le mois de juin et a tué plus d’une centaine de brebis en trois mois. La député LR de de la deuxième circonscription de Saône-et-Loire, Josiane Corneloup, avait interpelé la ministe au sujet du désarroi des éleveurs d’ovins de sa zone. Elle les avait d’ailleurs accompagné le 2 octobre 2020 lors d’une manifestation devant la préfecture à Mâcon.

Une cohabitation impossible

« Outre l’anxiété permanente subit par les éleveurs, la perte financière est très importante car l’indemnisation qui obéit à un barème national ne couvre pas le prix d’un charollais à forte valeur ajoutée. Cette race est le fruit de longues années de recherches génétiques », a indiqué Josiane Corneloup au micro de l’Assemblée nationale. Pour la députée, le mode d’élevage pratiqué dans la zone, « interdit toute cohabitation entre le loup et l’élevage ovin. »

Ce tir de prélèvement ne résoudra pas pour autant le problème dans son ensemble pour la parlementaire qui estime que « ce n’est pas aux éleveurs de modifier leur façon de travailler et de s’adapter au comportement des loups, pas plus qu’ils n’ont a construire des bunkers pour abriter leurs moutons au nom d’une biodiversité irréfléchie imposée par l’Etat. »

Alors que le prédateur a déjà révolutionné, depuis plus de vingt ans, la conduite d’élevage et la vie des agriculteurs dans de nombreux départements, Josiane Corneloup a demandé à la ministre si elle allait « reconsidérer les dispositions du plan loup pour que celui-ci prenne enfin en compte les intérêts des éleveurs ? »

« Le loup est revenu et nous devons nous y habituer »

Barbara Pompili a rappelé que le loup était « une espèce protégée » et qu’ « elle doit le rester ». « Oui, le loup est revenu et nous devons nous y habituer », a-t-elle insisté, même si elle se dit « attentive à la situation des éleveurs ».

Ceux-ci sont nombreux à attendre une gestion plus sévère du prédateur. Fin juin, le tableau de chasse officiel de Canis lupus mentionnait déjà près de 4 000 animaux domestiques dont la plupart sont des ovins. Selon les règles du « Plan loup et des activités d’élevage 2018-2023 », il ne reste plus, pour le pays entier, que 13 loups à abattre pour faire baisser la pression sur les élevages jusqu’à la fin de l’année.

M.-F. M.