« La rencontre avec la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, le 2 septembre 2020 sur l’alpage du Bois Noir, s’est bien passée », estime Sandrine Hauser, secrétaire générale de la FDSEA des Hautes-Alpes. La responsable syndicale reconnaît que son syndicat avait prévu de bloquer le Tour de France, de passage dans le département le jour même, si la ministre refusait de venir à leur rencontre.

« Barbara Pompili a écouté les témoignages des éleveurs, ajoute Sandrine Hauser. Je pense que les propos poignants des exploitants l’ont émue. Certaines mères de famille ont parlé de leurs difficultés à maîtriser leurs enfants pour ne pas prendre les armes, à la suite d’attaques meurtrières sur leurs troupeaux. D’autres éleveurs ont souligné leur besoin de recourir aux antidépresseurs. Je reste toutefois sur ma faim, car la ministre n’a annoncé aucune nouvelle mesure pour gérer la pression des attaques de loups. »

« Le protocole s’est durci »

Barbara Pompili a indiqué qu’il était « exclu de tirer sur le loup dans les parcs nationaux » et que les règles pour les tirs de défense « ne changeront pas avant qu’on les regarde de très près ».

Pour Sandrine Hauser, « il est déjà regrettable que la réglementation ait fait un pas en arrière avec le dernier plan loup. La loi concernant les tirs s’est durcie depuis 2019. Il y a aussi un problème sur l’évaluation de l’effectif des prédateurs qui est très inférieure à la réalité », estime la responsable syndicale.

Barbara Pompili estime qu’il « faut définir une meilleure cohabitation entre le loup et le pastoralisme, mais ne donne aucune nouvelle piste, si ce n’est le renforcement des moyens de protection (chiens et aides bergers) ». Pour la ministre, il est important que toutes les parties prenantes se parlent afin de trouver des solutions à long terme. »

« Une sortie médiatique »

« La ministre a fait une sortie médiatique. Nous allons continuer comme avant », se désole Alain Pouget, de la Coordination rurale, qui ne comprend pas comment la ministre peut prôner « que toutes les parties prenantes se parlent pour trouver des solutions » alors qu’il n’était pas invité lors de sa venue sur l’estive des Hautes-Alpes.

Marie-France Malterre