C’est officiel, un loup sévit dans les troupeaux de moutons du Lot depuis près de deux mois. Selon le communiqué de presse de la préfecture du 22 juin 2022, « neuf attaques sur huit exploitations situées dans six communes du Causse central ont été constatées ».

L’Office français de la biodiversité (OFB) a « acté » de la présence d’un loup dans le département. Pour l’instant, sa responsabilité est retenue pour sept attaques.

Des procédures lourdes

D’autres expertises sont en cours car les éleveurs recensent une cinquantaine d’animaux tués et autant de blessés. Une réunion du comité départemental loup s’est tenue le 22 juin 2022 à la préfecture. « Le protocole est en train de se mettre en place, déclare André Delpech, vice-président de la Fédération départementale ovine (FDO). Mais les procédures administratives sont lourdes et compliquées. »

L’installation des mesures de protection est un vrai casse-tête pour ces exploitations qui conduisent leurs troupeaux en de nombreux lots. « La mise en place des chiens de protection par exemple est difficile, déclare André Delpech. Pour un élevage qui compte 10 lots, il faudrait au moins 20 chiens, ce qui rend la tâche très compliquée, sans compter les problèmes que cela pose avec les touristes. Nos troupeaux sont très difficilement protégeables. » C’est un coup de massue pour l’élevage qui doit faire face à la flambée des prix et aux sécheresses à répétition. « Quel jeune voudra encore s’installer dans ces conditions », s’inquiète le responsable professionnel.

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Le préfet a autorisé les tirs de défense simple autour « d’un nombre limité d’élevages » ayant mis en place des mesures de protection. Cette autorisation est donnée « aux lieutenants de louveteries désignés, conformément au protocole du plan national d’action, afin de permettre la prévention des attaques et la défense des troupeaux », indique-t-il dans son communiqué.

« Rentrer les brebis la nuit est une aberration »

Pour l’instant, les attaques ont eu lieu pendant la nuit. « Le soir, il faudrait que l’on regroupe les animaux dans le bâtiment à un moment où la fraîcheur tombe et les animaux repartent au pâturage, souligne André Delpech. C’est une aberration. L’arrivée du loup est une menace pour nos systèmes d’élevage, alors que le prédateur n’est plus une espèce menacée. C’est une menace aussi pour le territoire, car sans élevages, l’espace ne sera plus entretenu et les risques d’incendie vont décupler. Les conséquences seront dramatiques. »

Marie-France Malterre