C’est en comité restreint que s’est déroulée le 23 novembre 2021 la réunion du Groupe national loup puisque trois associations environnementalistes, France Nature Environnement (FNE), la Ligue protectrice des oiseaux (LPO) et Férus, ont décidé de « suspendre leur participation ». La contestation engagée, par les organisations professionnelles agricoles et les chasseurs, sur le décompte des prédateurs est à l’origine de ce boycott.

Dans un communiqué de presse, les trois associations « tiennent à réaffirmer leur soutien à l’Office français de la biodiversité (OFB), rudement mis en cause » sur le sujet et demande « que l’État retrouve le fil de l’équilibre dans son travail avec les parties prenantes en fondant les décisions sur des données scientifiques. »

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Plus d’indices pris en compte

La Fédération nationale ovine observe de son côté des avancées. « L’OFB s’est montré plutôt ouvert à des remontées d’indices de la part des chasseurs et des éleveurs sous condition de la mise en place d’un protocole précis, souligne Claude Font, de la Fédération nationale ovine. Pour l’instant, l’ensemble des membres du réseau loup formés ne sont pas très actifs. Plus on aura d’indices, plus on aura de chance de se rapprocher de la réalité », estime-t-il.

S’appuyer sur les nouvelles technologies

La Coordination rurale souligne aussi l’importance de l’estimation précise du nombre de loups et considère que les nouvelles technologies peuvent aider dans ce sens-là. « L’utilisation des drones peut permettre d’apporter des réponses plus précises », explique Alain Pouget, responsable du dossier loup pour la Coordination rurale. Le responsable regrette que le sujet du nombre de loup par meute n’ait jamais fait l’objet d’études. » Comment cohabitent les meutes sur un même territoire, fait partie des interrogations qui demeurent, déclare Alain Pouget. Nous proposons les drones pour obtenir des réponses », déclare-t-il

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Manque de moyens

La Confédération paysanne ne critique pas la méthode de comptage des loups utilisée par l’Office français de la biodiversité. « L’outil est bon, mais pourrait être amélioré notamment sur les fronts de colonisation, déclare Annabelle Wurbel. L’OFB manque surtout de moyens. »

Au sujet de la politique mise en œuvre sur les tirs, la représentante syndicale estime aussi qu’il faudrait que « les paysans puissent être aidés quand ils en ont besoin. » Ainsi le taux de 19 % pour les prélèvements pourrait être remonté car « la population lupine est en bonne santé. »

« Le chien de protection n’est pas un chien comme les autres », ajoute aussi Annabelle Wurbel. Il doit avoir un statut particulier. La société doit également prendre conscience qu’elle doit s’adapter aussi. »

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La Coordination rurale estime que l’État a mis la charrue avant les bœufs sur le dossier du chien de protection, ce qui conduit à « une improvisation quotidienne ». Le chien doit avoir un statut « lié à son activité d’élevage », déclare Alain Pouget.

Une menace pour la sécurité

Pour les syndicats majoritaires (FNSEA, JA, FNO, FNB, FNC) s’inquiète de l’expansion de tous les prédateurs en France. « Leur rapprochement continu des zones habitées menace la sécurité des femmes et des hommes qui vivent dans ces campagnes colonisées. L’attaque violente avec blessures graves d’un chasseur par une ourse en Ariège en est l’illustration. Combien d’accidents humains faudra-t-il encore pour que les pouvoirs publics enclenchent une véritable politique de gestion de tous les prédateurs ? », interrogent-ils.

Marie-France Malterre