Une opération de capture de trois loups est en cours dans les Deux-Sèvres, à la limite de la Charente-Maritime. Les canidés proviennent du refuge Le sanctuaire des loups, ont confirmé les préfectures des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime et l’Office français de la biodiversité (OFB) dans un communiqué de presse commun.

Une vingtaine de kilomètres plus loin, sur la commune de Saint-Saturnin-du-Bois, dans la Charente-Maritime, des attaques sur une dizaine de brebis ont été signalées le lundi 16 novembre. Les premiers relevés effectués par l’OFB « confirment la prédation par un grand canidé », sans toutefois pouvoir affirmer que les loups du sanctuaire sont en cause.

L’enquête sur les attaques toujours en cours

Selon les informations communiquées par la préfecture des Deux-Sèvres le 16 novembre au soir, huit brebis ont été tuées, deux ont été blessées et six ont disparu. Le constat de dommages, réalisé en application du protocole national du réseau loup de l’OFB, confirme qu’un grand canidé est à l’origine de l’attaque.

En parallèle, des témoignages ainsi que des photographies ont permis de prouver la présence d’un loup sur les lieux. « Ce qui nous permet de faire le lien avec l’attaque, et de privilégier un loup et non pas un grand chien », a précisé la préfecture.

Une enquête est toujours en cours à ce jour, mardi 17 novembre, afin de déterminer si l’animal à l’origine de la prédation est issu du refuge, ou s’il s’agit d’un loup sauvage. Si les deux événements semblent concorder, la préfecture des Deux-Sèvres a rappelé qu’un loup avait déjà été identifié en Charente-Maritime l’année dernière : « Le lien n’est pas avéré, mais ça alerte. »

Pour Béatrice Gérardot, responsable du refuge, les trois canidés qui se sont échappés ne sont pas à l’origine des attaques constatées. « Ces loups ne sont pas du tout habitués et entraînés à chasser. Ils sont nés en captivité, explique-t-elle. Ils sont jeunes, et sont arrivés au refuge il y a quinze jours seulement. […] Ils ont peur de l’Homme, il n’y a donc aucun risque pour les populations, ni pour les troupeaux. »

L’OFB et la gendarmerie mobilisées pour la recherche

La recherche des trois loups est toujours en cours. « D’importants moyens de surveillance et de capture ont été mis en place autour de l’élevage (cages-pièges, appareils photographiques), ont déclaré les préfectures et l’OFB dans leur communiqué. Des mesures d’interdiction d’accès à la zone sont prises pour ne pas interférer dans l’opération de capture en cours et afin de tranquilliser les animaux. »

Des indices ont permis de localiser les animaux à proximité du refuge. « Les loups vadrouillent autour du sanctuaire. Ils répondent aux appels de leur père, resté au sanctuaire avec le frère », précise Béatrice Gérardot. Les canidés seraient passés par un « tout petit trou » pour s’échapper.

Selon les informations diffusées lors d’une audioconférence ce 17 novembre en fin d’après-midi, un « spécialiste du loup » est arrivé sur place pour aider à la capture des évadés. Il rejoint une équipe d’une douzaine de personnes, comprenant notamment des membres de l’OFB, de la gendarmerie et du refuge. « Nous suivons le protocole de recherche, qui évolue au fil des jours, assure la préfecture des Deux-Sèvres. On commence par du piégeage et de la recherche, puis en dernière instance par une battue, avec seringue hypodermique pour endormissement et capture, qui interviendra au maximum au bout d’un mois. »

Raphaëlle Borget