Remplacer le lait reconstitué par du lait entier dans l’alimentation des veaux est un moyen simple de réduire ses livraisons, sans réduire l’effectif des vaches en production ni à leur potentiel.

Après le colostrum

Après la phase colostrale, il est possible d’alimenter le veau avec du lait entier, à raison de 7 litres par jour au maximum entre les semaines 2 et 6 pour un lait avec un TB compris entre 42 et 44 g/kg (voir le tableau ci-dessous).

« Il est nécessaire d’ajuster le volume de buvée en fonction du TB afin d’éviter un épisode diarrhéique », avertit Philippe Roussel, spécialiste en santé animale à l’Idele. Ainsi, l’institut recommande de réduire la buvée de 0,5 litre par repas pour 4 points de TB au-delà de 42-44 g/kg.

« Donner du lait de mélange plutôt que celui d’une seule vache permet justement de lisser les taux », note le spécialiste. Les laits des vaches malades ou en cours de traitement doit être écarté. Le lait doit être chauffé à 40°C et distribué immédiatement.

© Idele (Guide pratique de l’alimentation du troupeau bovin laitier)

400 litres de lait entier pour élever une génisse

Pour une génisse qui vient de naître, alimentée au lait entier jusqu’au sevrage, cette stratégie permet de retirer 350 à 400 litres de lait du tank. Les veaux mâles peuvent également consommer du lait entier. Gardés trois semaines, ils consommeront entre 90 et 100 litres de lait entier. Pour les veaux, mâles ou femelles, démarrés au lait reconstitué, il est également possible de passer au lait entier à condition de suivre une période de transition lactée de 2 à 3 jours.

Convertir certaines laitières en vaches nourrices est également une solution. « Cette pratique demande de la technique, pour le choix de la nourrice, la phase d’adoption du veau et celle de réintroduction de la vache dans l’ambiance de traite, explique Philippe Roussel. Sans expérience en la matière, il est préférable de se tourner vers la distribution de lait de mélange. »

Faire le bon choix

Cette option est l’un des cinq leviers proposés par le Cniel et l’Idele, dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire. Le tarissement et les réformes précoces, la réduction du concentré de production et la monotraite complètent la liste. « Il n’y a pas de hiérarchie entre ces leviers, insistent les experts du Cniel. Tout dépend de la situation de l’élevage, des demandes de réduction et des mesures compensatoires. Ces options engendrent pour la plupart une réorganisation du travail. C’est pourquoi il est essentiel de prendre contact avec les conseillers d’élevage pour convenir de la stratégie la plus adaptée. »

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A. Courty
Votre analyse du marché - Veaux

Les volumes exportés sont conséquents

Les intégrateurs gardent le contrôle sur les rentrées des veaux en fonction des places disponibles. Face à un marché excédentaire, ils pratiquent un tri plus sévère. Les opérateurs sont également contraints par une forte hausse des coûts de production. Et bien que les prix de la viande progressent, les niveaux tarifaires demeurent soumis à la concurrence des voisins hollandais.