« Il n’y a pas de raisons qu’on soit autant décalé par rapport aux filières allemande et espagnole ! Ce décalage est causé par un manque de compétitivité de la filière, un rapport de force en défaveur des éleveurs, mais aussi du fait de deux entreprises, la Cooperl et Bigard, qui ont quitté le Marché du porc breton (MPB) et pratiquent leurs propres prix maison », assurent Paul Auffray et Mickaël Guilloux, lors d’une conférence de presse ce 6 septembre 2018 à Paris.

Le renchérissement actuel des matières premières agricoles et de l’énergie ne devrait pas arranger la situation des éleveurs, car il risque d’entraîner rapidement un surcoût d’environ 10 centimes si les cours se maintiennent à de tels niveaux, plombant un peu plus la marge des éleveurs. « Il manque 10 centimes par kilo sur le prix du porc depuis le début de l’année, calcule Mickaël Guilloux. Et cet effet ciseaux risque de se creuser au fil de l’année. »

« Retrouver un prix collectif »

Face à cette situation, « il faut retrouver un prix collectif ». Mais comment arriver à établir une cotation conforme à l’état du marché ? La FNP souhaite travailler sur trois pistes :

  • Intégrer les opérateurs d’ailleurs que l’ouest de la France, en particulier du Sud-Ouest et du Centre, qui s’approvisionnent en porcs bretons pour compléter leurs achats. « Ils pourraient acheter en ligne depuis leurs bureaux », suggère Mickaël Guilloux.
  • Améliorer l’organisation des producteurs. « Il faut que les producteurs reprennent un peu de pouvoir, souligne Paul Auffray. On aimerait que les OP se préoccupent davantage de l’élaboration des prix, et pas seulement de l’optimisation des tournées des camions… La FNP pousse pour que les groupements se regroupent. Si cela se fait par des Associations d’OP, cela nous va. »
  • Faire revenir la Cooperl et Bigard autour de la table dans les discussions sur le prix du porc.
E.C.